LIVRE QI’ATRIKME
« C’est vers le soir qu’ils sont sortis et se sont formés devant nous, h deux milles de la ville. Aussitôt que nous entendîmes le cri d’alarme, nous déploy.^mes nos forces, qui consistaient en douze escadrons... — Quelques-uns de nos soldats étaient dans un état de faiblesse et de fatigue aussi grand que vous ayez jamais vu : il a plu à Dieu de faire pencher la balance en faveur de cette poignée d’hommes, car après que les deux partis furent restés pendant quelque temps en face l’un de l’autre hors de portée du mousquet, et quand les dragons des deux côtés eurent échangé des coups de fusil pendant une demi-heure ou plus, l’ennemi n’avançant pas sur nous, nous résolûtnes de le charger, et approchant de lui après une fusillade de part et d'autre, nous fîmes avancer nos escadrons au grand trot. L'ennemi nous attendait de pied ferme; nos hommes le chargèrent vigoureusement ; par la Providence divine nous le mimes aussitôt en déroute. Il prit la fuite, tout fut poursuivi et sabré pendant deux ou trois milles.
« Je crois que dans la poursuite plusieurs de nos soldats ont tué chacun deux ou trois hommes; mais nous ne sommes pas certains du nombre des morts. Nous avons fait quarante-cinq prisonniers, outre les chévaux et les armes tombés en notre possession; nous avons délivré plusieurs prisonniers et nous avons enlevé quatre ou cinq étendards. "
Olivier Cromwel. •>
Vpilà le bulletin du combat de Grantham ; on ignore a qui il est adressé. Voici le bulletin de l’affaire de Oainsboroogh. Cromwell, cette fois, écrit au comité de l’association de Cambridge.
* ^ < nantingdoD, 31 juillet 1613.
a Messienrs,
- Il a plu au Seigneur d’accorder à votre serviteur et à vos soldats une victoire importante à Gainsborough. Mercredi, après avoir pris Burlèy.-Hoase, je marchai sur Grantham, et là je rejoignis envirbn trois cents chevaux et dragons de Nottin-
HISTOIRE r’oUVIER CROMWELL
gham. Outre ceux-ci, nous rencontrâmes, le jeudi soir, comme il était convenu, les hommes de Lincoln à Nort-Scarle, à environ dix mille de Gainsborough. Là, nous nous sommes reposés jusqu'à deux heures du matin ; puis nous nous sommes mis tous en marche pour Gainsborough.
■ A environ un mille et demi de la ville, nous trouvâmes un poste avancé ennemi d'environ cent chevaux. Nos dragons essayèrent de le repousser; mais l’ennemi ne mit pas pied à terre, les chargea et les força de se replier sur le corps principal. Nous avançâmes jusqu’au pied d’une montagne escarpée; nous ne pouvions la gravir que par des sentiers; nos hommes essayèrent, et l’ennemi s'y opposa ; nous réussîmes et gagnâmes la crête de la colline. Cela fut exécuté par les Lincolniens, qui formaient l'avant-garde.
“ Quand nous eûmes tous atteint le haut de la colline, nous vîmes un corps nombreux de cavalerie devant nous, à environ une portée de mousquet ou plus près, et une bonne réserve d’un régiment entier de cavalerie derrière. Nous nous occupâmes à mettre nos hommes en aussi bon ordre que possible. Pendant ce temps, l’ennemi avança sur nous pour nous prendre à notre désavantage ; mais, quoique peu en ordre encore, nous chargeâmes leur corps principal. J’avais l’aile droite. Nous vînmes cheval contre cheval, et nous travaillâmes de l’épée et du pistolet un assez joli espace de temps, les deui^ partis gardant leurs rangs serrés, de sorte que l'un ne pouvait pas entamer l’autre. la fin, ils plièrent; nos hommes s’en aperçurent, se précipitèrent sur. l’ennemi et dispersèrent immédiatement le corps entier, les uns fuyant à gauche, les autres à droite de la réserve ennemie, et nos gens les poursuivant à grands coups de sabre pendant cinq ou six milles.
“ Aj’ant remarqué que ce corps de réserve restait immobile et ferme, j’empêchai mon major, M. Whalley, de les suivre^ et avec mon propre escadron et le reste de mon régiment, en tout trois escadrons, nous nous réunîmes en un seul corps pour attaquer la réserve.
- Dans cette réserve était le général Cavendish. Un moment, il me fit face. Il eut ensuite en tête quatre escadrons de Lin-