‹ Histoire d'Olivier Cromwell (volume 2)Chapitre 51 sur 56 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

d'autre passage. Sans balancer, il prit le front de son régiment d'infanterie et des brigades du colonel Barelay et du colonel Holborn. Il grayit au pas de course la colline, s'y fit place et s'y maintint vigoureusement. Il appela bientôt à lui les miliciens de Londres qui égalèrent en courage les troupes de ligne. Essex se portait partout, donnant ses ordres avec netteté, promptitude et gaieté, tranquille au milieu de la mitraille, comme à une séance du parlement ou dans une fête de son palais.

Sir Philippe Stapleton menait les gardes et la cavalerie. Il eut des engagements meurtriers avec les escadrons du prince Rupert. Les capitaines presbytériens Fleetwood, Hammond, Pym, Draper et le cornette Doily, furent grièvement blessés, Le major-général Skippon se distingua par sa familière éloquence et par sa bravoure entraînante. Sir John Merrick manœuvra merveilleusement l'artillerie. La nuit surprit et enveloppa les deux armées dans le meilleur ordre. Le comte d'Essex croyait à une seconde bataille pour le lendemain. Il exhorta son armée dans cette prévision et déclara qu'il se frayerait à tout prix un passage vers Londres. Quelle ne fut pas sa joie, lorsqu'il s'aperçut à l'aurore que l'ennemi avait disparu lui laissant le champ de bataille et la route libre. Seulement le prince Rupert avait obtenu du roi, qui se retirait à Oxford, la permission de harceler l'arrière-garde du comte d'Essex, ce qui satisfit le prince sans émouvoir le comte.

Le parlement n'eut à déplorer la mort d'aucun grand personnage. Le roi perdit le comte de Carnarvon, le comte de Sunderland et le vicomte de Falkland.

Le lord Falkland, un Hampden royaliste, voilà le deuil éternel de cette bataille. II n'avait que trente- trois ans à Newbury (1613). Quoiqu'il fût de petite stature, d'un visage seulement ébauché, il n'avait pourtant rien de vulgaire. Bien loin de là, cette bouche navrée, ce regard déterminé, lumineux et profond, malgré l'enfoncement des joues et l'imperfection des traits, annoncent peut-être un homme du monde, peut-être un savant, peut-être un héros, peut-^être un amant, peut-être tout cela ensemble. .La distinction de cette figure est toute morale et triomphe de la nature.

Fl iilbLLi STîil: *r:^ fi-n i^^êze pcir SmSord par rèle de r^L:-.:-.:*. II i»* il^i^s^^^lî! pas "U'iij mo^s i^ ro: gom il dédaignait TUL p*ri >ai logique. T:-^T en efSeTiriLLi parfois Charles !«* d'une Ir::-'^'-.^:^ dii^ la c:srî;>-I:i:. il etaii saiis rei&ords, car il se h^L^jLix f >» -îi^ shz^s rt:::::r. D éiidi passe cuïë pour Tétude. D c :.:t.: à ^W.z^s 11.2^1.5. E a'e>r:Tr»aJi larîchesse que pour le o,:/<^'-r i*: la j r:»ilj-^*er. C êialt d'tiîe Tsle-r à naturelle et si ajf*r:.:>. oi.e ^''L ir-lr dtr la f»aîx pciLTa-î s'exprimer hante- XL^:.\ M ]*: i^lb ar : ler q:ie j'aiiLr la j^aix, âisaiî-il, on sait assez c-*: -r ce craiji.? ;4ts la merre. • H aTaît un «rrand nom, un gr-a: : *^vprlî. iiie grai^îe c<:n?:'îèra::oE- Xul n'était moins le £arfr.*r ia r:; e: n:il n'était plus ï-jîi ami. Il aTaît une passion T^r* -e-^se jour ujie personne accozijlie, et cette passion il la 00:. ';1, lait aif^ uiie vive tendresse pour sa femme et pour ses îrclr :l.-, \"S Lcrl:ier> ie sa maison. D tétait érudit comme un L'AiALH de Ifrtires et Lardi comme un chevalier. Il avait au conh^A le pote de se:ré:ajre d'Etat des affaires étrangères^ et une înfl -eLce supérieure à t^ute^ les dignités.

Avec tant de prestiges et tant d'avantages, il était pénétré de la rf-élaricolie des guerres civiles. H Torsût les choses en noir et ne se faisait aucune illusion. H ne traTaillait pas pour le isuccés. n.ai.s pour la conscience, et il pressentait que tous les Kacrificeo seraient couronftés d'un dernier sacrifice, celui de la vie- Le matin de la bataille de Newbury, il se joignit au régiment de hir John Byron et se jeta d*un tel élan dans la mêlée, que U)\xt plia d* abord devant lui; mais frappé d'une balle dans le bavventre, il tomba de son cheval pour n'y plus remonter. Il finit aiiJhi en soMat, après avoir vécu en seigneur, en sage et en citoyen, quoique dans une cour. Il était estimé de tous, adoré de quelques-uns, entre autres d'Edward Hyde, chancelier de l'échiquier, lequel s'écria en apprenant le bruit funèbre :

Tarpe mori, post te, solo non posse dolore.

Que ce vers demeure buriné dans l'histoire de la révolution anglaise comme l'épitaphe du magnanime lord Falkland! Ce qui toucha même ses enneinis sur sa mort, c'est qu'ils devi-

Page 1