‹ Histoire d'un crimeChapitre 10 sur 63 · UN AUXILIAIRE INDÉCIS · texte numérisé non relu

UN AUXILIAIRE INDÉCIS

puis Changamier. A Paris, en 1851, il vit Lamoricière, qui (c lui battit froid », et Changamier, qui le traita mieux. Il sortit de Satory indigné. Il criait .* // faut en finir avec ce Louis Bonaparte. Il corrompt l*armée. Ces soldats ivres soulèvent le cœur. Je veux retourner en Afrique. En octobre, Changarnier baissait, et l'enthousiasme de X. tombait. X. fréquenta alors TÉlysée, mais sans se livrer. Il donna parole au général Bedeau, qui comptait sur lui. Le 2 décembre, au point du jour, quelqu'un vint réveiller X. C'était Edgar Ney. X. était un point d'appui pour le coup d'Élat; mais consentirait-il? Edgar Ney lui expliqua l'événement, et ne le quitta qu'après l'avoir vu sortir à la têle du 1**^ régiment de la caserne de la rue Verte. X. alla prendre position place de la Madeleine. Gomme il y arrivait, La Rochejaquelein, repoussé de la Chambre par les envahisseurs, traversait la place. La Rochejaquelein, pas encore bonapartiste, était furieux. Il aperçut X., son ancien camarade à l'École militaire en 1830, qu'il tutoyait, alla à lui et lui dit : — C'est un acte infâme. Que fais-tu? — J'attends, répondit X. La Rochejaquelein le quitta. X. mit pied à terre et alla voir un parent à lui, conseiller d'État, M. R., qui demeurait rue de Suresne. Il lui demanda conseil. M. R., honnête, n'hésita pas. jl répondit : — Je vais au conseil d*État faire mon devoir. C'est un crime. — X, hocha la tête et dit : — // faut voir.

Ce f attends et cet il faut voir préoccupaient Louis Bonaparte. Morny dit : Faisons donner l'escadron volant.

DENIS DUSSQUBS

Gaston Dussoubs était un des plus Taillants membres de la gauche. Il était représentant de la Haute-Vienne. Dans les premiers temps de sa présence à l'Assemblée, il portait, comme autrefois Théophile Gautier, un gilet rouge, et le frisson que donnait aux classiques de 1830 le gilet de Gautier, le gilet de Dussoubs le donnait aux royalistes de 1851. H. Parisis, évéque de Langres, auquel un chapeau rouge n*eût pas fait peur, était terrifié du gilet rouge de Dussoubs. Une autre cause d'horreur pour la droite, c'est que Dussoubs avait, disait-on, passé trois ans à Belle-Isle, comme détenu politique, condamnation encourue pour « l'affaire de Limoges n. Le suffrage uni- Tersel l'aurait donc pris là pour le mettre à l'Assemblée.

Lamoriciëre, dans cette même matinée, trouva moyen de me faire parvenir, par madame de Gourbonne^ le renseignement que voici : ,

(( — Fort de Ham.— Le commandant s'appelle Baudot. Sa nomination, faite par Gavaignac en 18f(8, a été contresignée par Cherras. Tous deux sont aujourd'hui ses prisonniers. Le commissaire de police envoyé par Morny au village de Ham, pour surveiller les prisonniers et le geôlier, se nomme Dufaure de Pouillac *. »

Je pensai, quand la communication me parvint, que le commandant Baudot, a le geôlier », se prétait à la transmission si rapide de cet avis.

Indice d'ébranlement du pouvoir central.

Lamoriciëre, par cette même voie, me fit parvenir quelques détails sur son arrestation et sur celle des généraux ses camarades.

Page 1