DAVID D'ANGERS
Brutalités et férocités mêlées. Le grand statuaire David d'Angers fut arrêté chez lui, rue d'Assas, n° 16; le commissaire de police, en entrant, lui demanda :
— Avez- vous des armes chez tous?
— Oui, dit DaTid. Pour me défendre.
Et il ajouta :
— Si j'avais affaire à des gens civilisés.
— Où sont ces armes? reprit le commissaire. Voyonsles.
David lui montra son atelier plein de chefs-d'œuvre.
On le mit dans un fiacre, et on le conduisit au dépôt de la préfecture de police.
Il y a là place pour cent vingt délenus. Ils étaient sept cents. Dayid était, lui douzième, dans un cachot pour deux. Pas de jour ni d'air. Un soupirail étroit au-dessus de leur tête. Un affreux baquet dans un coin, commun à tous, couvert, mais non fermé, d'un couvercle de bois. A midi on apportait la soupe. Une
espèce d'eau puante et cbaude, me disait David. Ib se tenaient debout contre le mur et piétinaient sur la matelas qu'on avait jelds à terre, n'ayant pas de place pour s'y coucUer. A !a lin pourtant ils se scprèrenl lairt les uns contre les autres qu'ils parvinrent à s'étendre lout de leur long. On leur avait jeté «les couverture. Quelques-uns donnaient. Au petit jour. les verrow grinçaient, la porte s'ouïrail, le gardien criait : — Levez-vous! Ils passaient dans le couloir voisin; le gardien enlevait les matelas, jetait quelrjues Sfsux d'eau sur le païé, épongeait tant bien que mal. nipp«w. tait les matelas sur la dalle humide, et leur disait: Rentrez. On les verrouillait jusqu'au lendemain malin. De temps eu temps on amenait une cenlairte de nouveaux détenus et l'on en venait chercher une cenlaiiw d'anciens {ceui qui étaient là depuis deux ou trois jours). Que devenaient-ilsî — J,a nuit, de leur cachot, les prisonniers entendaient des détonations, et les passants, le matin, voyaient, nous l'avons dit, des marw de sang dans la cour de la préfeclure.
L'appel des sorianls se faisait par ordre alphabelique.
Un jour on appela David d'Angers. David prit son paquet et se disposait A partir, quand le directeur de la geôle qui semblait veiller sur lui survint toiii;i coup, cl dit vivement : — Reste;;, monsieur David, restez.
lin matin il vit entrer dans sa cellule Bûchez,
l'ancien président de l'Assemblée conslituanle. 4hl
dit David, c'est bien, vous venez visiter les prisonniers. — Je suis prisonnier, dit Bûchez.
On voulait exiger de David qu'il partit pour rAm"*rique. Il refusa. Ou se contenta de la IteWiiii
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