IN-FOLIO, COTE DE PREMIERS
Le côté de seconde contient les folios 3 et 2, droits.
pris le principe, la raison de ces dispositions. — Vous observerez encore, en examinant les figures ci-contre, que les
IN-QUARTO, COTÉ DE PUEJIIÈItE.
Le côte* de seconde contient les folios 2 cl 7, droits, 3 et 6 renversés.
pages, figurées par de petits rectangles aux coins desquels sont écrits les numéros, ne se touchent pas. Entre chacune
l'ouvrier, en imposant, réserve une certaine distance. Lorsqu'on imprimera, il restera donc autour de chaque page un espace blanc, qui formera ce qu'on appelle la marge. Ce n'est pas tout. Nous venons de voir l'ouvrier disposer ses
El
IN-OCTAVO, COlli DE !• K EMIEIIE. Le côté de seconde contient les folios 7, i;t, 11,0, renversés, cl les folk» ', 15, 1 ï, 3, droits.
pages sur son marbre dans Tordre et à la distance convenables; maintenant il importe qu'elles ne soient plus dérangées. Or on aura aies transporter, même plusieurs Fois, d'un bout a l'autre de l'imprimerie, ;'i les porter sous la presse... Il faut donc que ces pages soienl solidement maintenues en place. Pour les fixer, on emploie i\r> châssis. Un châssis est une sorte de cadre en fer très fort et assez lourd : il y en a de grands et de petits. Les grands, qui ont toute l'étendue d'une feuille d'impression, pour être plus solides sont divisés en deux parties par un fort barreau appelé traverse ou barre. Les petits ont la forme d'un simple cadre sans traverse, et se nomment rametles. Remarquez bien ceci : un châssis n'a pas de fond; ce n'est pas une boîte, une case; c'est, je le répète, un simple cadre. — (Test un in-octavo que noire typographe a imposé sur sou marbre; il a donc convenable-
ment rangé les huit pages du côté de première. L'ouvrier apporte un grand châssis; il le pose sur le marbre, de telle sorte que, les pages étant encadrées par le châssis, la barre de fer qui le traverse trouve sa place entre elles.
Il s'agit maintenant de fixer les pages en leur place, tout en maintenant bien égaux les intervalles qui formeront le blanc des marges; pour cela on remplit ces intervalles de pièces de fonte de largeur convenable, qui, étant moins hautes que les caractères, ne marqueront pas sur le papier. Enfin, pour bien assujettir tout en place, et serrer fortement les
f .CHAUl/CT FORME CONTENANT LES HUIT PAGES SERRÉES DANS LE CHASSIS.
pages de caractères dans le châssis, le typographe introduit entre les pièces et les bords du châssis, d'abord de petites réglettes en métal qu'il appuie contre les bords des pages, puis d'autres règles de bois dur, celles-ci taillées obliquement, qu'il nomme les biseaux. Enfin entre ces biseaux et les bords du cadre, il place des coins, de bois dur aussi, qu'il enfonce à grands coups de marteau. — Le châssis ainsi rempli, avec tout ce qu'il contient, pages, pièces, etc., est ce qu'on appelle une forme. Chose qui vous étonnera peut-être, quand l'ouvrier a convenablement serré la forme, c'est-à-dire assez for-
tement comprimé l'ensemble h l'intérieur du châssis en enfonçant les coins, le tout se lient en bloc, comme si ce n'était qu'une seule pièce : en sorte qu'avec un peu de précaution on peut enlever la forme de dessus le marbre, la transporter d'un bout à l'autre de l'imprimerie, sans qu'aucune pièce se détache, sans qu'aucun de ces milliers de caractères tombe. Tout cela est très lourd cependant; si lourd qu'une forme un peu grande est toute la charge d'un homme vigoureux : tout plomb et fer, pensez! Et toutes ces parties ajustées tiennent par la seule pression des coins.
Nous venons de voir assembler et serrer la forme du côté de première; la forme de seconde sera disposée de la même manière. Avec ces deux formes nous avons de quoi imprimer la feuille complète, des deux côtés. — Or le livre contient presque toujours, avons-nous dit, plusieurs feuilles d'impression : autant de feuilles donc, autant de fois deux formes. Ce Livre que vous tenez en main et qui n'est pas bien épais, renferme déjà 224 pages; chaque feuille contient 16 pages, puisque c'est un in-octavo; il y a par conséquent 14 feuilles; et pour l'imprimer il a fallu 28 formes, contenant huit pages chacune.
Voici donc, assemblées et serrées, les deux formes d'une feuille. Toutétantcomposé et mis en place, vous pensez qu'il n'y a plus qu'à imprimer. — Imprimer? Pas encore. — Il est rare, disions-nous, môme lorsqu'il s'agit d'une seule page, qu'une seule correction soit suffisante. Avant de mettre en forme pages, on en a tiré des épreuves, et ces épreuves ont été corrigées, ainsi que nous l'avons expliqué, d'abord par le correcteur de l'imprimerie, puis par l'auteur. Les corrections étant indiquées, le typographe les a exécutées; puis aussitôt les paçcs ont été imposées. Or, avant de tirer, il faut vérifier si toutes les corrections ont été bien faites, (les paquets de caractères ont été remués, transportés sur le marbre, maniés de cent façons; quelques lettres ont pu tomber, par acci dent, ou se déranger. En imposant, ou en mettant les numé
ros des pages, on a pu commettre quoique nouvelle erreur. Enfin l'auteur lui-même veut donner un dernier coup d'œil à son œuvre, peut-être changer quelques mots, quelques signes de ponctuation... Pour toutes ces raisons, il faut Taire une seconde épi-cuve.
On porte donc les deux formes à la presse. Sur le plateau ou marbre de cette presse, on pose d'abord la forme de première; on met de l'encre avec le rouleau. Une feuille de papier est étalée sur la forme encrée; on presse : voici huit pages imprimées d'un côté. Cela fait, on enlève la forme de première, on met la forme de seconde à sa place; on encre, on pose dessus la même feuille retournée, pour en imprimer l'envers. En un mot, on fait comme si on imprimait le livre; seulement on n'imprime qu'une seule feuille, et c'est encore une épreuve. Cette feuille pliée représente exactement un des cahiers qui formeront le livre; les pages sont imprimées des deux côtés et se suivent dans l'ordre convenable. Cette seconde épreuve est envoyée à l'auteur, comme la première. L'auteur lit de nouveau, et avec la plus grande attention; il marque les fautes qui auraient pu échapper à lui-même ou au correcteur la première fois, celles qui auraient été mal corrigées; enfin, s'il veut faire quelque changement encore, il l'indique.
Ces nouvelles corrections marquées, il s'agit de les exécuter, comme on a fait la première fois. La forme est rapportée sur le marbre de la table. — Mais, avons-nous dit, la forme, très fortement serrée à l'aide des coins enfoncés à coups de marteau, se tient maintenant tout d'un bloc; les pièces, les caractères, pressés l'un contre l'autre, ne peuvent plus bouger; il serait impossible d'arracher une lettre : on la casserait plutôt. Le typographe commence donc par desserrer sa forme, en chassant un peu les coins; il lâche un peu, il donne du libre. Et alors il pourra sans effort enlever avec sa pince les lettres à changer, et les remplacer par d'autres. Les
corrections étant exécutées sur chacune des pages de la forme, on serre de nouveau les coins à coups de marteau, et tout redevient immobile. Les deux formes étant ainsi corrigées, le travail est achevé pour cette feuille : on les met de côté, en attendant le tirage. — Parfois cependant il est nécessaire de faire encore une nouvelle épreuve et une nouvelle correction. Que de soins, n'est-ce pas? que de travail, quel souci attentif, que de retouches minutieuses! Vous doutiez-vous qu'une page de livre eût tant coûté? qu'il eût fallu s'y reprendre à tant de fois? Résumons : composition, mise en paquets, épreuve des paquets, première correction, mise en pages, imposition, seconde épreuve, seconde correction, quelquefois une troisième, une quatrième... Et tout n'est pas fini encore !
Le tirage des formes typographiques peut se faire de deux manières différentes : à \n presse à bras, à la machine. Autrefois on tirait toujours à la presse à bras (c'est-à-dire à la presse mise en mouvement par les bras de l'homme); la machine à imprimer à cylindres est une invention toute moderne.
Déjà bien des fois nous avons parlé de la presse; et la description sommaire que nous en avons faite vous a suffi pour en comprendre, en gros, la structure. Vous savez, en gros aussi, commentelle fonctionne. Et cependanl il vous reste bien des détails curieux à observer. Examinons d'un peu plus près l'intéressant appareil.
La presse est une, lourde, épaisse machine de fer et de fonte, très délicatement ajustée pourtant. Celle grande et massive pièce de fonte, inébranlable, faite d'un seul bloc pour être plus résistante, et qui porte toutes les pièces /nubiles, est ce qu'on appelle le bâti. Vous savez déjà que la forme et la feuille de papier étendue au-dessus sont pr< atre
TIRAGE A LA PRESSE A BRAS. 1 i
une table horizontale, bien dressée, et une sorte de plateau placé au-dessus qui peu! s'élever ou s'abaisser à l'aide d'une vis. Le plateau mobile porte le nom de platine; L'espèce de table de fonte sur laquelle on pose les formes s'appelle le