CHAPITRE IV
GRAVURES ET CLIf.nÉB
La première chose que vous avez faite, le jour où mon petit livre fut mis entre vos mains, c'a été, j'en suis bien sûr, après un rapide coup d'œil jeté sur la couverture et le titre, de le feuilleter d'une main curieuse; et alors vous vous êtes dit, avec plaisir, j'en suis sûr aussi : « Ah ! il y a des gravures !» — Un livre dans lequel il y a des gravures, c'est ce qu'on appelle un livre illustré. Cette idée d'orner les livres de dessins pour récréer les yeux du lecteur n'est pas nouvelle; et vous vous rappelez ces manuscrits historiés du moyen Age, ces Bibles, ces missels à images, ces livres d'heures ornés de peintures délicates, de miniatures faites à la main, au pinceau, resplendissantes de vives couleurs, enrichies d'or et d'argent, de grandes lettres, peintes aussi, avec des enroulements, des feuillages. Ces manuscrits, il vous en souvient, étaient dits enluminés; et ce mot correspond justement à notre expression moderne d'illustré; les premiers livres imprimés, à l'imitation des manuscrits, eurent aussi des dessins, des gravures, des lettres ornées, souvent imprimées en diverses couleurs. Cette gentille mode n'a point passé, comme vous le savez; et de nos jours plus que jamais on aime, on recherche les livres illustrés; on en publie beaucoup; il en est de charmants. Les dessins sont, il est vrai, le plus souvent de simples gravures en noir; mais si fines, si gracieuses! — Ah! quelle ravissante profusion d'oiseaux et de fleurs, sur les pages du beau livre intitulé l'Oiseau, que j'ai là, ouvert sous
les yeux, tandis que j'écris ces lignes1 ! — Mais des livres de moindre prix sont déjà fort agréablement ornés.
Les dessins que contient un livre peuvent avoir deux destinations différentes. Tantôt ils sont là seulement pour le plaisir des yeux, à titre d'ornement : on les nomme souvent alors vignettes, illustrations. Une vignette placée au commencement d'un chapitre est un en-tête; celle qui indique la fin d'un chapitre est appelée cul-de-lampe, parce que ces sortes d'ornements, autrefois surtout, imitaient la forme d'un support à poser une lampe. Un grand dessin qui occupe une page entière au commencement du livre se nomme frontispice; tel est celui qui suit la page de titre de ce livre. D'autres fois les dessins ont pour but d'aider à comprendre le texte ; ils sont là plutôt pour l'utilité que pour l'ornement. Ils représentent les choses dont le livre donne la description, ils rendent l'explication plus facile à suivre. Ces sortes de dessins, souvent très simples, sont appelés des figures. Telles sont les figures formées de simples lignes que vous trouverez dans les ouvrages de mathématiques, les cartes dans les livres de géographie. Souvent, en mettant des dessins dans son ouvrage, L'auteur se propose à la fois les deux choses : rendre plus claires, compléter les explications; en môme temps orner le livre. Kl c'est, par exemple, dans ce double but qu'ont été exécutées les gravures de ce volume. — Dans certains livres vous trouverez de grands dessins couvrant des pages entières, quelquefois tirés en couleur. Ces sortes de dessins sont tirés à part et par divers procédés que nous n'avons pas à expliquer ici, sur un papier différent de celui »l<i l'ouvrage. On les appelle des planches; et ce nom vient de ce qu'ils onl été gravés sur des planches ou plaques de métal. L<i relieur les mel en placé, entre Les pages, Lorsqu'il voud le volume. Mais le plus ordinairement les illustrations sont Imprimées sur Les pages du livre, souvent même entourées des ligne.- du texte;