Souvenirs de campagne (Albert Iluruv
LA 52e DEM [-BRIGADE.
monde connaît la belle retraite de Mézières. À Paris, le 15e se montra l’égal des vieux régiments de l’armée du Rhin, et mérita, par sa brillante conduite pendant le Siège, d’être transformé en un régiment permanent, le 115e.
La 8e compagnie du 2e bataillon quitta Saint-Maixent le 21) août, pour entrer dans la composition du 58e de marche; la 8e du 5e alla rejoindre le 35e de marche, le 18 septembre.
Le 6 septembre, deux compagnies provisoires sont formées, en exécution de la circulaire ministérielle en date du 3.
Divers autres décrets déterminent la formation de huit nouvelles compagnies, qui entrent, successivement, dans la composition de régiments de marche. Tous, hélas! n’eurent pas la même valeur que le 15e.
« Les hommes, en effet, venaient de vingt dépôts différents pour la formation d’un régiment; ils étaient sans cohésion, sans esprit de corps, sans cadres suffisants pour les conduire, eu égard aux nombreux effectifs des compagnies. Il n’avait pas été possible d’exercer sur eux dans les camps, dans les marches, une surveillance suffisante, de leur inculquer l’esprit des règlements; le court séjour qu’ils avaient fait dans les dépôts n’avait pas permis de les rompre à une forte discipline. Aussi, en attendant l’application de la loi martiale, les chefs de corps durent-ils être armés des pouvoirs les plus absolus. Il fallait mettre un terme à cette insubordination, à ce débraillement de tenue, à ce vagabondage de certains soldats, mendiant même sur les routes. Ainsi, le colonel du 29e régiment de marche dut abattre, d’un coup de revolver, un soldat furieux qui avait terrassé son capitaine et menaçait sa vie. Le colonel fut approuvé par le Ministre1. »
Nous avons nettement séparé le 52e de marche, du 52e de ligne; ils n’eurent de commun que l’abnégation patriotique dans une lutte inégale. Ceux de Metz appartiennent à l’ancienne armée; les soldats de Grenier sont les défenseurs de la patrie menacée, groupés en formations improvisées, jetés à la bâte au milieu du péril, et sans habitudes militaires. Quand les armées régulières eurent été détruites, prises ou enfermées, les Allemands purent croire qu’ils tenaient la France à leur merci. La longue résistance de Paris, et les efforts des armées organisées en province, prolongèrent la lutte. Ces armées étonnèrent les Allemands eux-mêmes par l’énergie inattendue qu’elles déployèrent; sous la conduite de chefs intrépides, quelques braves dissimulèrent, par leur fière attitude, les défaillances