MOTIF DE LA CITATION
Morineau
Sergent
(remplaçant.)
Recommandable sous tous les rapports; a été désigné par tous les grenadiers comme méritant une récompense.
Rimet
Sergent
(engagé volontaire.)
Brave et digne de l’admiration de tout le monde.
Rossi
Grenadier
(remplaçant.)
Ce grenadier remporte sur tous ses camarades les suffrages de bravoure, et tous les grenadiers verraient avec plaisir cel homme décoré.
Graux
Grenadier (jeune soldai.)
Il marche sur les traces de Rossi en bravoure et sang-froid; les opinions sont partagées, mais Rossi l’emporte.
Ambrouil
Grenadier
(remplaçant.)
A été pour son calme, son sang-froid et sa bravoure Vemarqué par ses camarades.
Duret
Muller
Gazct
Raymond
- Grenadier
(jeune soldat.)
Aux mêmes affaires, un sergent-major, un caporal et deux voltigeurs du l'r bataillon; un caporal, deux grenadiers, trois fusiliers, un sergent, un fourrier et un voltigeur du 2e bataillon furent également cités.
Pendant cette expédition, le lieutenant-colonel lMellinet, commandant supérieur de Mostaganem, méritait une citation à l’ordre général de l’armée d’Afrique, pour la belle conduite qu’il avait tenue le 18 octobre, lorsque l’ennemi était venu attaquer Mostaganem. Le capitaine Bouvier, le lieutenant Crépeaux* et le capitaine Félix Douay furent cités dans le même rapport.
1. Père du commandant Crépeaux, major du .T>2' (1887-18‘JO). Nous devons à sa mémoire un respectueux hommage. Le général Mellinet le juge ainsi: « aussi remarquable oflicier de détails qu’il était intelligent et solide officier au feu; a fini sa carrière comme major au 2° zouaves; méritait d’arriver beaucoup plus haut. »
I.o commandant Vinoy méritait une citation pour l’énergie qu’il avait montrée et l<;s mesures vigoureuses qu’il avait prises, lorsque cinquantehuit Arabes fanatiques étaient venus, en chantant des prières, et sans armes apparentes, surprendre le poste de Sidi-bel-Abbès, simple redoute eu terre, dont il était commandant supérieur.
Quinze ofliciers, 350 hommes de troupe, sous le commandement du capitaine Hardouin, font partie de la colonne du Dahra, aux ordres du général Pélissier (27 avril — 31 mai 1840). 11 s’agissait d’opérer le désarmement des Ouled-Riah : ces derniers crurent pouvoir s’v soustraire en se retirant dans des grottes réputées inexpugnables. Pélissier se présenta devant la principale ouverture de ces cavernes; mais sa tète de colonne fut reçue à coups de fusil. Les circonstances étaient graves; l’insurrection grondait et menaçait d’éclater de nouveau. D’abord, on se contenta de bloquer les Ouled-Riah dans leur repaire, en les sommant de se rendre; mais, comme nos parlementaires furent tous massacrés, comme le temps pressait, le général donna l’ordre de couper des fascines et de les entasser entre les fissures des rochers qui surmontaient les grottes. Ensuite, à plusieurs reprises, il prévint les Arabes qu’il allait faire mettre le feu aux fascines. Ce fut en vain : nos parlementaires furent toujours reçus à coups de fusil. Pélissier, alors, exécuta sa menace, convaincu que la fumée chasserait les Ouled-Riah, et disposa sa troupe de façon à cerner les avenues qui conduisaient aux grottes. De longues heures s’écoulèrent; aucun Kabyle ne parut. Le lendemain, tout était silencieux comme un sépulcre. Nos soldats pénétrèrent dans les grottes, et y trouvèrent 800 cadavres d’hommes, de femmes et d’enfants, confondus avec des milliers de chèvres et de moulons, asphyxiés comme leurs maîtres.
« Terrible mais indispensable résolution, écrivait à son frère le colonel Saint-Arnaud. »
Cette exécution porta ses fruits. Quelques jours après, les Sbéahs, tribu voisine, se retirèrent dans leurs grottes. On les y poursuivit, et, dès la première sommation, ils se rendirent.
Grâce à ces expéditions incessantes et heureuses, sous des chefs remarquables, dans lesquelles le soldat sut obéir et souffrir, la subdivision de Mostaganem fut soumise tout entière, pour la première fois, en juin 1846; toutes les tribus payèrent intégralement les contributions.
Le 52e avait grand besoin de repos. 11 tint garnison à Mostaganem, jusqu’au 7 juin 1848.
Voici en quels termes, le général Pélissier lui lit ses adieux. Après avoir relaté les épreuves, les privations et les faits d’armes du régiment,
il ajouta : « Soyez toujours tels que je vous ai connus, patients, disciplinés, animés de ce dévouement, de cette abnégation, de ces sentiments d’honneur dont vos dignes chefs sont pour vous de vivants exemples, et que, d’après eux, vous avez si bien compris, si bien pratiqués. Soyez toujours unis, comme une famille dans laquelle chacun a le droit de s’enorgueillir de son frère d’armes....
« Partez, et si la fortune de la France vous conduit un jour sur ces champs de bataille que nos pères ont arrosés de leur sang, alors, soldats! rappelez-vous que c’est dans ces champs héroïques que le surnom de brave fut donné, dans les guerres de la Révolution, h la 52e demi-brigade, et montrez-vous dignes de ce glorieux héritage. »
Cette prédiction fut réalisée l’année suivante.