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Histoire d'une collaboration: Alexandre Dumas et Auguste Maquet; documents inédits

« Je recommande à mes héritiers de gérer avec scrupule, et pour ainsi dire avec respect, la propriété de mes œuvres, propriété délicate dont la sage et honnête administration intéresse au plus haut point ma mémoire et ma renommée.

J'entends que jamais ils ne permettent la publication ou la représentation de mes ouvrages sans toutes garanties d'exécution et d'interprétation honorables soit de la pari de l'éditeur, soit de la part du théâtre. En leur léguant la propriété de mes œuvres, c'est ma

dignité d'écrivain, c'est le nom de notre famille que je recommande à leur piété....

Mes héritiers auront encore d'autres devoirs à remplir.

J'ai écrit avec Dumas père un nombre considérable d'ouvrages, dont quelques-uns :

Les Mousquetaires, Le Chevalier d'IIarmental, Monte-Cristo, La Reine Margot, Le Chevalier de Maison-I\oiig-e, Joseph Balsamo, La Dame de Monsoreau, etc., etc., sont connus universellement. Cette collaboration féconde, consacrée par la notoriété publique, sanctionnée par la justice, Dumas l'a reconnue par écrit et par des actes publics, il l'a proclamée cent fois, alors qu'il en avait besoin et ne pouvait s'en passer. D'ailleurs les témoignages sont irrécusables, ils abondent : dans ma correspondance arec Dumas, dans les journaux, comptes rendus littéraires on judiciaires, partout éclate cette vérité.

C'est à mes héritiers, qui bénéficieront du produit < •, c'est <) ceux que j'ai

aimés, à ceux qui portent mon nom, qu'il appar-

tient (le me faire, en toute occasion, attribuer la part d'honneur qui m'en revient, c'est à eux d'apprendre au public (incite part immense j'ai prise à la création de tant d'œuvres célèbres. »

« C'est à ceux que j'ai aimés... » C'est à ceuxlà que devait appartenir la tache de rendre publiquement à Auguste Maquet la justice qui lui était due. Lucien Roiffé, neveu d'Aujruste Maquet, était de ceux-là. Il possédait les manuscrits, la correspondance, les papiers de son oncle. Il les dépouillait devant moi, il me montrait les documents les plus intéressants, et convaincu qu'ils honoreraient une mémoire qui lui était chère, il me demanda de les publier en les commentant. Je le lui ai promis. Il me connaissait assez pour savoir que, lui disparu, je tiendrais ma promesse. C'est ainsi que j'ai écrit V Histoire d'une collaboration.

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