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LA VILLE DE LA ROCHE-PONT EST FORTIFIÉE PAR CHARLES LE TÉMÉRAIRE

En M, une paroisse, sous le vocable de Notre-Dame, avait été construite vers la fin du treizième siècle, alors que le seigneur de la Roche-Pont, ayant besoin d’argent, concédait des terrains dépendant autrefois du château, pour y bâtir des maisons. En N, était la place du marché. Trois portes donnaient entrée dans la ville : une au Nord, désignée sous le nom de porte Saint-Julien, une vers l’Est,

porte des Moulins, et la troisième vers le Sud-Ouest, di‘e du Château.

Il est nécessaire d’entrer dans quelques détails relativement à ces nouvelles défenses élevées sous Charles le Téméraire. La figure 49 présente la vue à vol d’oiseau du boulevard du Nord D, avec le front en arrière, sa porte du quatorzième siècle et les deux grosses tours d’angles.

La figure 5o en A donne le plan d’une de ces tours, au niveau de la batterie basse et en B, sa coupe sur a, b.

Ces tours avaient vingt toises de diamètre extérieurement et se composaient d’une batterie basse dont le sol était placé à une toise en contre-bas du niveau supérieur du plateau. On descendait dans cette batterie basse par une pente, aboutissant à une salle octogone dont les voûtes portaient sur quatre gros piliers cylindriques. Sur cette salle s’ouvraient trois chambres avec embrasures pour trois gros canons. Par les couloirs C, on communiquait de deux de ces chambres à deux autres plus petites percées d’embrasures pour des couleuvrines. De la descente D, deux couloirs E donnaient accès à deux chambres F, également disposées avec embrasures pour recevoir deux gros canons.

Les voûtes en berceau de ces chambres étaient percées d’évents, pour laisser échapper la fumée. De petits magasins à poudre G s’ouvraient près de chacune des pièces, cinq larges lunettes percées dans les voûtes de la salle centrale donnaient de l’air et de la lumière à l’intérieur. En H, un puits aboutissait à une citerne construite sous la salle centrale ainsi que l’indique la coupe B. Cette citerne était alimentée par les eaux pluviales tombant sur la plateforme, et qui s’écoulaient par quatre tuyaux passant dans les murs intérieurs. Deux escaliers à vis mettaient en communication la batterie basse avec la plate-forme, avec les courtines du quatorzième siècle I, I, et permettaient de descendre au moyen de deux poternes K, dans la fausse braie L, défendue par un épaulement, une palissade et un petit fossé. Des flancs /, enfilaient le saillant de cette fausse braie. La courtine, dont le chemin de ronde dépassait . d’une toise le niveau de la plate-forme, fermait la gorge de la tour, ainsi que l’indique la coupe B en N. Deux échauguettes P étaient construites dans l’épaisseur du pa-

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