CINQUIÈME SIEGE
Le 4 septembre 1478, l’armée du roi Louis XI fut signalée à une demi-journée de marche de la ville, par une compagnie de cavaliers. Cette armée, composée de deux cents lances et de troupes à pied, formant un total de six mille hommes environ, était commandée par messire Charles d’Amboise, seigneur de Chaumont, homme sage, modéré, non point pillard, comme l’était son prédécesseur, et aussi vaillant homme de guerre que bon politique.
Messire Charles d’Amboise attendait en outre un renfort de douze cents Suisses, car il avait su si bien pratiquer auprès de messieurs des Ligues, en leur offrant de beaux avantages, que ceux-ci s’étalent résolus à lui fournir des troupes.
Indépendamment des quatre florins et demi par mois qu’il donnait à chaque homme, messire Charles d’Amboise payait pour ce service vingt mille francs aux villes de Berne, Lucerne, Zurich, Soleure, et vingt mille aux particuliers qui se chargeaient des enrôements. Moyen-
nant quoi les troupes suisses, au service du roi, devaient s'élever avant la fin de l’année à six mille hommes de pied.
L’armée du roi traînait avec elle une bonne et puissante artillerie, composée de douze grosses bombardes, de vingtquatre spiroles, veuglaires et ribeaudequins, sans compter les traits à poudre et les munitions pour ces engins. Aussi marchait-elle lentement et en fort bon ordre, bien gardée sur ses flancs.
Quelques - uns des seigneurs bourguignons, avec une quarantaine de lances, ayant voulu tâter les Français avant leur arrivée devant la ville, mal leur en prit; car ils y laissèrent la moitié de leur monde. Aussi le gouverneur fit-il publier que nul n’osât sortir sans son ordre. Les premières troupes de messire Charles d’Amboise se montrèrent à la tombée de la nuit sur le plateau du nord, hors de portée du boulevard D 1 et commencèrent leur installation, en établissant entre elles et la ville des mantelets apportés sur des charrettes et fixés à l’aide de pieux enfoncés en terre. A la nuit close, le sire de Montcler essaya de les attaquer; mais s’apercevant que cette avant-garde était fortement soutenue par un gros corps posté en arrière, il se retira après une légère escarmouche.
Le lendemain, 5 septembre, messire Charles d’Amboisc envoya des éclaireurs dans la ville basse, et du côté de l’Est vers les moulins dont il s’empara sans coup férir, car ils n’étaient pas gardés. Aussitôt, du boulevard K* on tira quelques coups de bombardes sur ces moulins que les assiégeants durent abandonner pour l’instant, car au deuxième boulet un des toits s’effondra. Le sire de Montcler organisa ses troupes de la manière suivante : Dans chacun des quatre quartiers désignés plus haut, deux cents hommes
i. Voir la figure 48.
armés, de la ville, furent chargés de la garde et de la défense des remparts, ci 800
Restait cinq cents hommes de troupes bourguignonnes à pied, parmi lesquels il y avait : bombardiers et couleuvriniers i5o
Gens de trait, archers et arbalétriers adroits . . . 2 5o
Pionniers 100
Les Allemands, qui s’entendaient assez mal avec la population , furent postés en réserve dans l’abbaye, au nombre de 800
Et dans le château, au nombre de 400
Les gens d’armes tinrent garnison partie dans
l’abbaye 200