‹ Histoire d'une forteresseChapitre 52 sur 70 · Voir la figure · texte numérisé non relu

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furent tués, blessés ou se jetèrent à l’eau. Les pertes des Français étaient insignifiantes.

Si ces alertes continuelles fatiguaient et déconcertaient quelque peu l’assiégeant qui ne croyait pas avoir devant lui une garnison assez nombreuse pour oser prendre l’offensive, elles rendaient confiance à l’assiégé et lui donnaient une haute idée des talents militaires du gouverneur. >

Celui-ci conservait toujours sa physionomie froide, ses allures nonchalantes, bien qu’il fût sans cesse debout et donnât ses ordres avec précision. Voyant les choses tourner ainsi, les dizainiers de la ville assurèrent le gouverneur de leur entier dévouement et de la bonne volonté des miliciens qui à eux seuls suffiraient à garder les remparts; il pouvait donc, en toute sûreté, ajoutaient-ils, agir au dehors et amuser l’ennemi. C’était tout ce que demandait Rincourt.

Les Impériaux toutefois ne laissaient pas d’avancer la tranchée. Le soir du 5 novembre, elle était à deux cent-cinquante toises du saillant et en arrière était établie une assez bonne place d’armes entourée d’un épaulement avec canons aux angles et abatis d’arbres au bas de la plongée. Toutes les nuits, le gouverneur trouvait le moyen d’inquiéter l’ennemi, souvent à deux ou trois heures d’intervalle, de manière à le tenir sans cesse en éveil.

Galas avait cependant fait passer deux pièces de canon sur la rive droite du cours d’eau hors de la vue de l’assiégé , et le 7 novembre il les installait sur cette rive, de manière à battre à revers le front à crémaillère K1. Le pont de bois avait été brûlé par l’assiégé et le pont de pierre barricadé et armé d’un cavalier sur la rive gauche qui battait la rive droite Derrière des maisons du fau-

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