Ces voies nouvelles sont indiquées par des traits rouges
' gb HISTOIRE d'une forteresse.
et une curie en N. Des thermes s'élevèrent en T. Dans la ville basse, des murs de quai Q arrêtèrent les érosions de la rivière; un vaste marché fut disposé en R et un dépôt des marchandises ou emvorium en S. La ville ou plutôt ses faubourgs, s'étendaient sur la rive droita, à TOuest, jusqu'au milieu de Tîlot de sable C, et au Sud jusqu'au dessous de la grande tête de pont. Ces faubourgs furent seulement circonscrits par un rallum^ afin d'être à l'abri d'un coup de main ; car étant dominés, ils ne pouvaient recevoir des défenses propres à subir un long siège.
Ces ouvrages prirent plusieurs années, et furent exécutés en partie au moyen des ressources du Trésor impérial, et surtout à l'aide des impositions municipales. Abonia était riche , toutefois elle se ressentit longtemps des charges qui lui furent imposées pour la mettre à l'abri des incursions des barbares. Philostrate avait du reste le droit de faire des réquisitions, d'imposer des prestations, et il en usa largement.
L'entreprise achevée , cette cité , ainsi transformée sur l'ordre de l'Empereur qui avait sauvé la Gaule, reçut le nom de Juliana. Le Val seul conserva le nom d'Abonia.
Il est utile de donner quelques détails explicatifs à propos de ces défenses. La ligure 17 présente la section du rempart entre les tours. Son chemin de ronde, élevé de quatorze pieds, en moyenne, au-dessus du terre-plein du plateau, possédait, entre chaque tour, un escalier de cinq pieds de largeur ; les merlons étaient de six pieds de hauteur et les appuis des créneaux se trouvaient à trois pieds au dessus du chemin de ronde.
La construction du rempart se composait de deux parements de petits moellons cubiques avec rangs de briques de distance en distance. La maçonnerie entre les deux parements était faite d'un grossier blocage. En dehors, le long de la crête du plateau, un fossé de dix à douze pieds
de largeur protégeait la base du rempart et pourtournait les saillies des tours. Un petit chemin couvert A était pratiqué sur la contrescarpe pour faciliter la surveillance et permettre de faire les rondes. La ligure i8 donne les plans de la porte du Nord avec ses deux tours, en A au ni\'eau du rez-de-chaussée , en B au niveau du crénelage des courti-
nés. Dans Tune de ces tours était pratiqué un escalier C qui descendait à une poterne D et, dans chacune d'elles, d'autres escaliers E qui permettaient de monter facilement aux étages supérieurs. La porte divisée en deux arcades pour rentrée et la sortie, était surmontée d'une galerie G, au niveau du chemin de ronde et qui formait crénelage. La voie traversait le fossé F sur une arche a et sur
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uistoirl: d une forteresse.
un tablier b de bois qui pouvait ctrc rapidement enlevé en temps de siège. Alors sur la plate-forme H, on devait éle\'er un tanibour de charpente qui masquait entièrement les deux arcades. En dehors du pont, muni d'un crénelage sur la partie maçonnée, deux petits postes découverts I, défendaient les approches et une palissade F obligeait les arrivants de faire un circuit pour passer sur le pont. La fi-
gure 1 9 présente une perspective decetteporte.Souslescombles était le crénelage qui composait la défense effecti\'e de ces tours. En outre, au niveau du premier étage étaient percées, dans chaque tour, trois baies, qu'en temps de guerre on munissait de mantelets et qui donnaient des vues de face et de flanc. Les munitions étaient montées aux étages supérieurs au mo3^en de poulies suspendues dans les grandes ouvertures plein cintres K (voir le plan du pre-
mier étage). Les autres portes étaient construites sur le même modèle, les avancées seules différaient en raison de la disposition du terrain.
La figure 20 donne la vue générale de la grande tête de pont du Sud, de la place d'armes et du mur crénelé mon-
tant à la tour carrée d'angle Sud de la cité, et au casteU lum. Les tours carrées n'étaient point couvertes par des combles, mais par des plate-formes, afin de pouvoir disposer des catapultes ou des onagres à leur sommet*.
1. Les catapultes lançaient des traits longs d'une toise environ et fort lourds. Les onagres jetaient des pierres du poids de soixante livres à deux cent cinquante pas au maximum.
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C'est pourquoi ces tours quadrangulaires étaient élevées aux angles saillants des défenses qui étaient des points faibles, mais aussi qui permettaient de donner au tir un champ plus étendu. En cas d'attaque d'un front, des machines de jet étaient établies en arrière des courtines sur des terrassements ou sur des plate-formes de charpente.
La cité ainsi bien munie pouvait résister longtemps et délier les attaques des barbares qui alors n'étaient pas «en état d'entreprendre le siège d'une place bien tracée et défendue.