Voir la figure 5p
établir un pont en aval, afin de mettre ses postes en communication les uns avec les autres.
Voulant réserver toute son artillerie pour foudroyer la place et faire brèche promptement, il ne munit aucun de ces postes de canon, et se contenta de leur recomniander de se bien palissader et d'élever quelques épaulements pour s'abriter. Ses instructions manquaient de précision, mais il citait fréquemment et César et Végèce et Frontin, et quelques-uns des grands capitaines qui avaient illustré Tltalie au siècle précédent. Tout en recommandant la vigilance à ses capitaines, il alla seulement reconnaître le terrain avec eux, pour installer leurs postes -, mais ne se préoccupa pas autrement de savoir si ses ordres étaient compris et ponctuellement exécutés. L'investissement n'était qu'une concession faite au général en chef, et toute son attention se porta sur l'attaque du Nord. 11 ne put même se garder de dire devant ses officiers, que jusqu'à cette heure les ouvrages avaient été faiblement conçus et conduits-, propos qui fut bientôt rapporté à Galas.
Rincourt profita du répit que lui laissait l'assiégeant pour organiser plus fortement sa petite garnison. On a vu qu'il avait six cents hommes de miliciens disponibles pour agir, au besoin, en dehors des remparts. Il s'occupa de l'armement de ces hommes, lequel était insuffisant. Le château contenait une centaine de mousquets -qu'il distribua aux hommes de ce corps qui savaient le mieux se servir de cette arme et qui n'en possédaient pas. Pour les autres, il les munit de bonnes piques, de couteaux de brèche et de pertuisanes. Indépendamment des artilleurs, il lui restait seize cents soldats, dont trois cents cavaliers, qu'il forma en quatre corps de quatre compagnies de fantassins, de quatre-vingts hommes chacune, commandées par un capitaine, et en trois compagnies de cavaliers de cent hommes d'effectif.
HisTOiRii D uxf: forteresse. 279
La ville contenait trente-deux pièces de canons de divers calibres. Il y en avait seize en batterie dans Touvragc du Nord^ deux sur le cavalier en arrière du ponf, une dans le bastion du donjon -, deux dans le bastion F * et une dans chacun des sept autres bastions, total : vingt-huit. Deux furent placées sur la tenaille du château et deux tenues en réserve. Les dispositions prises par Tennemi furent bientôt connues du gouverneur, soit par ses espions, soit par les reconnaissances qu'il faisait faire la nuit par ses meilleurs officiers ou qu'il faisait lui-même*, il se garda bien de gêner leur établissement et se contenta de doubler le poste du pont, lequel fut porté à deux cents hommes.
Dans la nuit du 11 au 12 novembre, Forcia fit ouvrir une seconde tranchée et traça les travaux d'approche, ainsi que l'indique la figure 64. Indépendamment des deux places d'armes A et B déjà tracées, il en projeta une troisième C à laquelle on arriverait par une nouvelle tranchée D, puis deux batteries en G et en F pour quatre pièces chacune et une batterie pour deux mortiers H. Il fit prolonger la première tranchée en I avec une pièce à son extrémité, battant la porte de la courtine K. Deux pièces montées dans la place d'armes B com.mandèrent la batterie F et les alentours. Une pièce montée en E commanda la batterie G et une pièce montée dans la place d'armes C battit le dehors en avant de la batterie de mortiers. Il pensait ainsi parer à toutes les éventualités. Si l'assiégé voulait tenter quelque coup hardi, il ne pouvait aller loin, et s'il parvenait à s'emparer d'une des deux batteries G, F, il pouvait le foudroyer. Les deux batteries G et F étaient destinées à éteindre les feux du saillant Nord-Ouest et de la moitié de gauche de la tenaille. Cela fait, il pouvait, — défilé des feux de droite — cheminer jusqu'à la contres-