‹ Histoire d'une forteresse; texte et dessinsChapitre 79 sur 92 · JI · texte numérisé non relu

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qui n'empêchait pas les bastions V, VI, I, II et III de tirer sur ces batteries.

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Cependant, cette même nuit, Tassiégeant avait pu amorcer sa deuxième parallèle ; mais il était évidemment gêné sur sa droite et modifiait de ce côté son tracé. Il semblait

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renoncer à entamer la place par le saillant du bastion n" II, et travaillait activement sur sa gauche.

Pendant la journée du 22 février, les assiégeants ne purent rétablir la batterie n" i , parce que Tassiégé ne cessait d'envo3^er sur ce point une grêle de projectiles. Ils parvenaient seulement à la tombée du jour à remonter leurs pièces dans les batteries 2 et 3, et, ayant réglé leur tir avant la nuit, envoyèrent les boulets de deux pièces sur les saillants des redans. Vers minuit, le colonel Dubois fit sortir cinq cents hommes qui, longeant la crête occidentale du plateau, se jetèrent sur la batterie n° i . Quelques instants après, une seconde troupe de quatre cents hommes se dirigea sur les deux batteries 2 et 3, et Tassiégeant ayant été délogé de la batterie n° i , la première troupe de Fassiégé vint se former en ligne de tirailleurs entre la batterie n° 2 et le saillant du redan de droite, pendant que des fusiliers postés sur la tranchée A ^ et un des obusiers balayaient le terrain jusqu'à la batterie n" i , afin d'empêcher l'ennemi de prendre la sortie à revers.

Cette opération eut un plein succès ; non-seulement les travaux de la batterie n" i furent endommagés et les trois pièces qui l'armaient enclouées, (les affûts de ces pièces, ainsi que nous l'avons dit, étaient déjà brisés), mais, autour des batteries 2 et 3, il y eut un combat très-vif, à la suite duquel les Allemands ayant été repoussés, les pièces furent mises hors de service, les munitions dispersées, les gabions et sacs à terre bouleversés. Une troupe de cent hommes avait en outre été postée sur les ramoes du plateau par le colonel, afin d'empêcher l'ennemi de filer le long de cet escarpement pour attaquer l'ouvrage A .

A la faveur de cette sortie, deux cents travailleurs avaient été disposés par le capitaine Allaud, le long de la crête oc-

I, Voir la figure 72.

HlSTOIRli d'une forteresse.

cidcntalc du plateau, pour élever un nouvel ouvrage B C D (fifT. 74) qui consistait en trois nouveaux redans présentant

nj-74-.

trois batteries pour deux pièces chacune, tracées en crémaillère et séparées par de fortes traverses. Le matin, 2 3 fé-

vrier, la première batterie B était suffisamment forte pour résister aux projectiles.

D'ailleurs cette batterie ne pouv^ait être immédiatement battue par la batterie n" i qui était abandonnée et dont les pièces étaient hors de service. Il fallait au moins quarantehuit heures pour que l'assiégeant pût rétablir les batteries 2 et 3. Les batteries 4 et 5 devaient changer leurs embrasures pour diriger leurs feux sur cette batterie B, et il ny avait que les batteries 6 et 7 qui pussent battre les redans A et B. Or, ces batteries 6 et 7 recevaient les projectiles des deux pièces de la face droite du redan de droite, des deux pièces de la face droite du bastion II, des deux pièces de la face gauche du bastion III et d'une pièce de la face droite de la demi-lune 2. A chaque instant il fallait réparer les gabionnades, replacer des sacs à terre, et l'ennemi avait eu depuis le commencement du jour dix artilleurs tués et autant de blessés, dans ces deux batteries.

L'ingénieur allemand qui avait si méthodiquement tracé les opérations successives du siège, était visiblement gêné par les dispositions de l'assiégé. Cela, suivant lui, était barbare, absolument contraire aux règles, et indiquait chez le commandant du génie de la garnison une ignorance et un mépris de l'art de la fortification qui devaient finir par un désastre.

Pendant la nuit du 2 3 au 24 février, les Allemands terminaient leur seconde parallèle, sauf du côté du Nord- Ouest. Ils inclinèrent la branche orientale de cette parallèle vers le Sud^ et commencèrent les batteries 11, 12, i3, 14 et i5. La batterie i3, de deux pièces, devait enfiler l'ouvrage A.

Mais, cette même nuit, le capitaine Allaud fit terminer la seconde batterie C, ébaucher la troisième D, remparer la

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