‹ Histoire d'une grande dame au XVIIIe siècleChapitre 51 sur 69 · Voir le récit de cette affaire, Ch. III, i* partie · texte numérisé non relu

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44t LA PRINCESSE CH. DE LIGNE.

YI. — Je lègue à ma fille Sidonie le portrait de sa mère, afin qu'elle se ressouvienne de ne pas rimiter, et mon sabre turc donné par le prince Potemkin, qu'elle doit toujours avoir dans sa chambre pour faire savoir à ses enfants que mon intention est qu'ils soient tous militaires; et, à- sa première bataille, où j'espère que son fils se distinguera, elle le lui donnera de ma part.

YII. -^ Je lègue à madame de Kinski, née comtesse Ditrichstein, toutes les estampes encadrées que j'ai à Bel-Œil dans mon appartement, de plus la chaîne que j'ai au col et qui me vient de sa meilleure amie ; c'est à cause de cela que j'ose la prier de la porter tout le temps de sa vie en pensant qu'elle vient de quelqu'un quia mis tout son bonheur dans celui de madame de Kinski, ce que je suis bien convaincu de pouvoir assurer...

YllI. — Je lègue à madame la princesse de Lichtenstein, née Mandesch, différentes choses que j'ai à Bruxelles et qui seront désignées, de plus ma montre, comme le signe que les plus heureuses heures qu'elle a indiquées étaient celles que je passais avec elle et que jusqu'à la dernière j'ai pensé à elle comme a une amie qui suivait dans mon cœur celle que toujours j'adorai !

IX. — Je lègue à la princesse Jablonowska, née comtesse Czaski, différenles choses que j'ai à Bruxelles et qui seront désignées, de plus la bague que j'ai toujours portée avec la devise € Indissoluble T^j le petit portefeuille, avec la chaîne et les autres portefeuillesou cassettes où j'ai des lettreset des papiers que j'ai écrits moi-même. Je lui donne celte dernière preuve de ma confiance comme à celle pour qui j'ai le plus de reconnaissance de toutes les bontés qu'elle m'a témoignées, comme à celle qui a toujours le mieux compris tout ce que je sentais et éprouvais de pensées et de peines, enfin comme à une vraie amie que je suis bien sûr de ne pas oublier même dans l'autre monde.

X. — Je lègue à la princesse Linowska, née Thun, la belle édition des œuvres de Shakspeare^ et le meilleur cheval anglais de mon écurie à condition qu'il ne dépendra que d'elle seule.

XI. — Je lègue à mademoiselle Caroline de Thun mes huit beaux chandeliers d'argent avec ma belle cafetière, de plus une rente de vingt ducats par an, pour se procurer partout où elle sera et même dans la maison où elle va ordinairement le meilleur fauteuil ou chaise longue qu'on pourra jamais inventer.

XII. — Je lègue à madame de Woina* une table et assortiment pour le thé, afin qu'elle se rappelle du plaisir que j'avais d'en aller prendre chez elle; de plus, deui sabres turcs pour Maurice et Félix, ses enfants.

XIII. — Je lègue à mon bon ami Poniatowski mon sabre avec la pierre du maréchal Laudon et le baudrier, le priant de le porter s'il avait une affaire devant l'ennemi, en l'honneur de quelqu'un qui aurait bien voulu donner sa vie pour

sauver la sienne. De plus, mon beau cheval Winer afin qu'il en ait soin toute sa vie.

XIV. — Je lègue à mon frère Louis mon sabre du roi de Pologne et mes pistolets deMarlborough.

XV. — Je lègue & mon ami François, comte de Dietrichstein, les armes que j'aurai sur moi lorsque j'aurai été tué ou que j'aurai à moi si je meurs toul simplement, excepté celles données dans des legs particuliers, et je le charge de rassembler et de distribuer les legs ci-dessus, étant bien sûr qu'il ne laissera pas mon corps à l'ennemi. Si cependant il y avait quelque événement comme par exemple s'il était blessé lui-même, il n'épargnera rien pour le ravoir avec les chaînes et autres objets que je porte sur moi.

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