LE TRACÉ DU GRAND ESCALIER (P
l'étude des escaliers. i3i
marche doit avoir de 25 à 3o centimètres, pour donner une montée facile. Donc trente marches donnent 7- 5o« ou 9 mètres de développement. Je crois vous avoir déjà dit cela quand nous avons tracé le plan du rez-de-chaussée Si nous prenons le milieu de Tespace réservé aux marches, sur notre plan, nous trouvons juste 9 mètres Tra
çant donc les marches sur cette ligne milieu et leur donnant 275 millimètres de jpas , nous pouvons trouver deux paliers dans les angles en A, A'; nous ferons ^ironner ces marches de manière à éviter les angles aigus près du noyau. La première marche sera en B, la dernière en G. En D, nous ferons sous Temmarchement la cloison qui permettra d'établir le water-doset en A\ Puisque à
ce palier A', nous avons monté 1 8 marches (chacune ayant 1 5 centimètres de hauteur), nous aurons pour ce water-closet 2 mèt. 5o c. sous plafond, ce qui est plus que suffisant. Nous réclairerons par une fenêtre E. Les deux baies F éclaireront Fescalier et suivront le niveau des marches, comme l'indique rélévation. Car rien n'est plus ridicule et plus incommode que de couper les fenêtres par les marches d'un escalier, et, bien que cela soit pratiqué tous les jours dans nos habitations, c'est là un de ces contre-sens que tout constructeur doit éviter. Du couloir de service G, on entrera dans le water-closet par la porte H.
« Traçons maintenant Félévation ou plutôt la projection verticale de cet escalier. Voici comment on procède : on trace la cage en élévation, puis on divise la hauteur à monter en autant de parties qu'il doit y avoir de marches, ainsi que je le fais en I. Projetant horizontalement ces divisions sur Télévation, et verticalement les bouts des marches avec la cage et le noyau, indiqués au plan, on obtient par la rencontre de ces deux projections le tracé des marches le long de la cage et contre le noyau.
({ Voilà qui est fait. La dernière marche est donc en K au niveau du plancher du premier étage. Pour monter au deuxième étage, nous avons 4"',oo à monter d'un plancher à Tautre*, donnant o™,i56 à chaque marche, nous trouvons 26 marches, plus une fraction de millimètre dont il ;^'y a pas à tenir compte. Donc, nous conserverons en plan le tracé de la première révolution à partir de la marche L, ce qui donne 1 3 marches jusqu'au point M. De ce point nous tracerons les 1 3 autres marches pour faire le nombre de 26, comme je le marque sur le bout de plan supplémentaire en N. Puis, pour l'élévation, nous procéderons comme cidessus. Nous obtiendrons alors le tracé général de V en X pour les deux étages. Le tracé établi, il s'agit de savoir en quelle matière nous ferons ces marches? Étant comprises
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entre des murs et un noyau qui est un mur lui-même, nous pouvons, si bon nous semble, les faire en pierre de taille d'un seul morceau chacune. Toutefois, cela n'est guère praticable en ce pays parce que nous nous procurerions difficilement de la pierre dure, compacte, fine, bonne pour cet objet. Nous nous contenterons donc de faire seule la première marche en pierre, et, quant aux autres, nous les ferons en charpente, en les recouvrant de bonnes tablettes de chêne*, et pour ne pas les sceller dans les murs, nous ménagerons un bandeau saillant en maçonnerie formant crémaillère le long des murs
et du noyau pour recevoir la partie de leurs ahouts^ ainsi que je vous Tindique ici (fîg. 40). On lattera ces marches laissées brutes par-dessous, rabotées seulement sur la face ou contre-marche A. Afin qu'elles ne puissent branler sur leur repos de maçonnerie, nous les fixerons avec des pattes B, lesquelles seront masquées par la tablette formant pas et entreront dans les trous de scellements C.
« Quant à l'escalier de service en limaçon, nous le ferons en pierre dure, chaque marche portant noyau, ainsi que je vous le marque ici (fig. 41).
« Maintenant essayez de mettre tout cela au net pour pouvoir donner promptement les détails au maçon et au charpentier. »
Avec bien de la peine, Paul parvint à faire un tracé assez complet sur les indications fournies par le grand cousin; mais celui-ci fut obligé d'y mettre souvent la main, car son inspecteur n'était pas de première force en géométrie descriptive élémentaire, et ces projections lui offraient à chaque instant des difficultés. Paul s'embrouillait dans ses lignes, prenait un point pour un autre, et eût maintes fois laissé de côté compas, équerre et tire-ligne, si le grand cousin n'avait été là pour le remettre sur la voie.
LE CRITIQUE