SCÈNE VI
TROPASOL, GRATINÉ, ONÊSIME, RABASTOUL, BICOT.
(La scène est sombre, Tropasol ouvre le volet; on voit sa patrouille sous
les armes.)
TROPASOL, entrant suivi de ses hommes, suite de l’air. Suivez-moi bien, braves compagnons d’armes,
Suivez-moi bien au chemin de l’honneur,
Comme au chemin, toujours rempli de charmes,
Où l’on obtient, vieux vin et jeune cœur.
La patrouille Qui sc mouille.
Vient ici plii’osopher.
Quelle noce !
Quelle bosse !
Le vin qui va nous réchauffer?
(Reprise en chœur des six derniers vers. La patrouille, l arme au bras fait le tour du théâtre.)
HISTOIRE D’UNE PATROUILLE
Halle ! front!,..
Oui!
TROPASOL. *
Tous les camarades y sont ?
TOUS
Faisons l’appel !
Présent !
TROPASOL.
Le fusilier Gratiné !
GRATINÉ
Onésime Boulaplat.
Présent !
TROPASOL.
ONÉSIME
TROPASOL.
BÎCOt ! (Bicot s’endort tout debout) Bicol !
BICOT éveillé en sursaut.
Présent t
TROPASOL.
Rabastoul !
RABASTOUL, accent auvergnat.
Che chuis présent, bigra! Fichtra !
TROPASOL.
On ne t’en demande pas tant, l’auverpin, pour lors, rompez tes rangs, marche !
TOUS
Oui, caporal ! (On porto les fusils au fond à gauche.)
ONÉSIME
Va-l-on-manger ?
RABASTOUL.
Est-ce qu’on va bibéronner, bigra ?
TROPASOL.
Toujours portés sur leurs bouches...
BICOT, assis et s’endormant.
Moi, j aimerais mieux être porté sur mon lit, je voudrais bien dormir.
GRATINÉ
Ohé ! les autres ! venez à la cuisine chercher de la lumière.
TOUS
On y va! (Ils entrent dans la cuisine.)
TROPASOL.
Eh bien Bicol.
BICOT, endormi.
Ah ! qu’elle est belle, ah ! qu'elle est belle !
TROPASOL.
Bicol !
* Tropasol, Gratiné, Onésime, Rabastoul, Bicol.
HISTOIRE D’UNE PATROUILLE
BIGOT, s’éveillant en sursaut. ■
Uein?... quoi; venez reconnallte trouille.
TROI’ASOL, le secouant.
Vite à la cuisine.
BICOT
On y va, (ii.se cogne dans le comptoir.) Pardon ! madame. (H va à la cuisine.)
TROPASOL, seul.
I.a Catiche n’est pas encore redescendue... pourvu qu’elle ne se soit pas endormie sur le rôti... militairement parlant...
GRATINÉ, revenant par la droite.
\ là 1 éclairage à gigorno. (Les quatre hommes portent chacun une bougie.) Chacun son illumination...
ONÉSIJIE.
J’ai fai m !
RABASTOCL.
C’hai soif!... bigra !
BIGOT
Moi, j’ai une forte envie de ronfler, (n va s’asseoir à droite et s’endort la bougie à la main.)
TROPASOI..
Gratiné tu n’as pas oublié où est la cave?
GRATINÉ
Oh! non !
TROPASOL.
Tour lors, en attendant le Balthazar, par file à droite, en avant marche... ça vous fera prendre patience... et du liquide... à la cave! (Les soldats soulèvent la trappe de la cave et des Cendant.)
TROPASOL, heurtant Bicot.
Tu restes donc là? animal de Bicot.
BICOT, éveillé.
Chargez ! (Il aplatit la hougie allumée.)
TROPASOL.
Qu’est-ce que tu fais ?
BICOT
Moi, je m’amuse beaucoup, mais j’ai une soignée envie de dormir...
TROPASOL, tenant la trappe soulevée.
Veux-lu bien te dépêcher où je lâche tout !
BIGOT
Ne lâchez pas, caporal. (Chacun a emporté sa bougie.)
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