‹ Histoire d'une patrouille, vaudeville en 1 acteChapitre 12 sur 32 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

TROPASOL, GRATINÉ, ONÊSIME, RABASTOUL, BICOT.

(La scène est sombre, Tropasol ouvre le volet; on voit sa patrouille sous

les armes.)

TROPASOL, entrant suivi de ses hommes, suite de l’air. Suivez-moi bien, braves compagnons d’armes,

Suivez-moi bien au chemin de l’honneur,

Comme au chemin, toujours rempli de charmes,

Où l’on obtient, vieux vin et jeune cœur.

La patrouille Qui sc mouille.

Vient ici plii’osopher.

Quelle noce !

Quelle bosse !

Le vin qui va nous réchauffer?

(Reprise en chœur des six derniers vers. La patrouille, l arme au bras fait le tour du théâtre.)

HISTOIRE D’UNE PATROUILLE

Halle ! front!,..

Oui!

TROPASOL. *

Tous les camarades y sont ?

TOUS

Faisons l’appel !

Présent !

TROPASOL.

Le fusilier Gratiné !

GRATINÉ

Onésime Boulaplat.

Présent !

TROPASOL.

ONÉSIME

TROPASOL.

BÎCOt ! (Bicot s’endort tout debout) Bicol !

BICOT éveillé en sursaut.

Présent t

TROPASOL.

Rabastoul !

RABASTOUL, accent auvergnat.

Che chuis présent, bigra! Fichtra !

TROPASOL.

On ne t’en demande pas tant, l’auverpin, pour lors, rompez tes rangs, marche !

TOUS

Oui, caporal ! (On porto les fusils au fond à gauche.)

ONÉSIME

Va-l-on-manger ?

RABASTOUL.

Est-ce qu’on va bibéronner, bigra ?

TROPASOL.

Toujours portés sur leurs bouches...

BICOT, assis et s’endormant.

Moi, j aimerais mieux être porté sur mon lit, je voudrais bien dormir.

GRATINÉ

Ohé ! les autres ! venez à la cuisine chercher de la lumière.

TOUS

On y va! (Ils entrent dans la cuisine.)

TROPASOL.

Eh bien Bicol.

BICOT, endormi.

Ah ! qu’elle est belle, ah ! qu'elle est belle !

TROPASOL.

Bicol !

* Tropasol, Gratiné, Onésime, Rabastoul, Bicol.

HISTOIRE D’UNE PATROUILLE

BIGOT, s’éveillant en sursaut. ■

Uein?... quoi; venez reconnallte trouille.

TROI’ASOL, le secouant.

Vite à la cuisine.

BICOT

On y va, (ii.se cogne dans le comptoir.) Pardon ! madame. (H va à la cuisine.)

TROPASOL, seul.

I.a Catiche n’est pas encore redescendue... pourvu qu’elle ne se soit pas endormie sur le rôti... militairement parlant...

GRATINÉ, revenant par la droite.

\ là 1 éclairage à gigorno. (Les quatre hommes portent chacun une bougie.) Chacun son illumination...

ONÉSIJIE.

J’ai fai m !

RABASTOCL.

C’hai soif!... bigra !

BIGOT

Moi, j’ai une forte envie de ronfler, (n va s’asseoir à droite et s’endort la bougie à la main.)

TROPASOI..

Gratiné tu n’as pas oublié où est la cave?

GRATINÉ

Oh! non !

TROPASOL.

Tour lors, en attendant le Balthazar, par file à droite, en avant marche... ça vous fera prendre patience... et du liquide... à la cave! (Les soldats soulèvent la trappe de la cave et des Cendant.)

TROPASOL, heurtant Bicot.

Tu restes donc là? animal de Bicot.

BICOT, éveillé.

Chargez ! (Il aplatit la hougie allumée.)

TROPASOL.

Qu’est-ce que tu fais ?

BICOT

Moi, je m’amuse beaucoup, mais j’ai une soignée envie de dormir...

TROPASOL, tenant la trappe soulevée.

Veux-lu bien te dépêcher où je lâche tout !

BIGOT

Ne lâchez pas, caporal. (Chacun a emporté sa bougie.)

HISTOIRE D’UNE PATROUILLE 17

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