MADAME POTIROLLE, AGNÈS, PRUDENCE, DOROTHÉE, PÉLAGIE
MADAME POTIROLLE, entre suivie d'Agnès. Elle tient une lettre
ouverte.
Mes nièces! quel événement! mesdemoiselles mes nièces!
AGNÈS
Ma tante... ma tanle...
PRUDENCE, sortant de la gauclie une lettre ouverte en main.
Ma tanle! ma lanle! si vous saviez...
DOROTHÉE, sortant delà droite suivie de Pélagie. Elle agite une lettre
ouverte.
Ma lanle! ma tante! j’ai une lettre...
AGNÈS ET PÉLAGIE, montrant les leurs qu’elles sortent de leur
poche.
Et nous aussi!...
TOUTES
Chacune sa lettre !
MADAME POTIROLLE.
Mais moi, elle vient de mon compère, timbrée de la ville de Loches, et signée Polydore Calomel, pharmacien
* Agnès, Prudence, madame Potirolle, Dorothée, Pélagie,
HISTOIRE D’UNE PATROUILLE
TOUTES
Mais moi aussi !
Tiens! c’esl drôle !... cinq lettres à la fois, adressées dans
la môme maison Il avait donc bien du temps à perdre et pas
mal de timbres-poste à employer
PRUDENCE
Ce qu’il m’annonce est de la plus haute gravité...
TOUTES
El moi donc!
MADAME POTIROLLE.
Écoutez plutôt... (Lisant.; « Ma chère madame Polirolle » (s’interrompant) a-t-il le style facile...
■ AGNÈS, lisant.
a Ma chère Agnès »
PRUDENCE, lisant.
« Ma chère Prudence »
dorotuée, id
« Ma ebère Dorothée »
PÉLAGIE, id.
« Ma chère Pélagie »
MADAME POTIROLLE.
On ne dira pas que. c’est un monsieur qui dit à toutes la môme chose, je continue...
TOUTES, elles lisent on même temps.
« Prudence et mystère. Ils arrivent ! ils arrivent! ils arrivent!. ..
MADAME POTIROLLE.
La même phrase Il paraît qu’il a cessé de faire des
frais d’imnginatioD... (Lisant) « Je vous avais promis desfuturs pour vos nièces. »
TOUTES, lisant.
« Je vous avais promis k toutes un futur. »
MADAME POTIROLLE.
« Je vous en apporte, quatre de Loches, notre patrie.. .
TOUTES, suivant.
C’estbien cela !
MADAME POTIROLLE. •
« Ce sont mes quatre filleuls... vous le savez, j’ai toujours « été renommé pour mes plaisanteries... «(s’interrompant) Il est
la joie des enfants et la tranquillité des parents (continuant.)
« Nous arriverons ce soir à Paris par le train de onze heures « Zio. J’introduirai mystérieusement les susdits dans la bouti- « que, dont vous aurez laissé soigneusement un volet mal « fermé. Mes filleuls profitant de la saison des bals masqués,
« seront déguisés... Vous leurs offrirez à souper... sans avoir
HISTOIRE D’UNE PATROUILLE
« l’air de vous douter de rien... et comme leur toquade est « d’èlreaimé pour eux-mêmes, chacun choisira sa chacune...
« chacune choisira son chacun... on rira beaucoup et
« puis au dessert, vous feindrez d’êlrc surprises, quand je « paraîtrai pour maufaclurer d’un seul coup plusieurs ma- « riages d’inclination... Vivent la joie et les pommes de terre, « signé : Un ami de la folle gaîté, Polydoro Calomel, phar- « macien à Loches. »