CHAPITRE XXIV
i (tel «iota ApOtm. 11
Urbain V no voulut pas quitter Rome sans avoir honoré d'une manière digne de sa piété les saints apôtres Pierre et Paul, dont il avait découvert les reliques. Il fit un appel aux cardinaux et aux princes chrétiens qui lui fournirent une grande quantité de pierres précieuses. Son offrande particulière fut de 30,000 florins d'or. Un artiste célèbre, Jean liartoli de Sienne, choisi par Urbain V, aclieva dans l'espace de deux ans les bustes des saints apôtres qui passèrent a juste titre pour les chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie du moyen âge.
Saint Paul était en vermeil. 11 portait une tunique et un manteau bordés de saphirs et d'émeraudes. Sur l'épaule droite on voyait un saphir où l'image du Sauveur était gravée et sur le cœur un onyx célèbre qui avait appartenu* à Néron et retraçait son portrait. Sur la poitrine brillait un lis d'or orné de trois gros rubis et d'autres pierres précieuses. D'une main saint Paul tenait une longue épée
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d'argent cl de l'autre un livre couvert d'émaux précieux. Sa téte était entourée, en guise d'auréole, d'un chapeau royal semé de pierres précieuses. La reine Jeanne l'avait donné. Au bas du manteau se déroulait un ruban en or où l'artiste avait gravé ces mots :
Urbaaus Papa V fecit fieri hoc opas ad honorera Beali Paul, a,mu MCCCLXIX.
Sur le piédestal étaient plusieurs cadres séparés l'un de l'autre par les armes di s (liïuujard. On y avait enfermé des bas-reliefs d'un travail exquis, représentant les principaux trails de la vie de saint Paul. On avait placé au-dessous cette inscription ;
Carotut Dti gratia rex Francomm oui eonmatut fuit otrno Damini MCCCLXIV dmiarif )>r<r.«nj litium ail auaonm tstpità Beali Pavli quoi! at in fteton ejui.
Les traits de l'apôtre respiraient la noblesse. Sa barbe était longue et blonde, sa tête chauve avec une mèche de cheveux au-dessus du front. Sa ligure et ses mains étaient couleur de chair. On pouvait enlever a volonté le dessus de la tête pour voir les reliques.
Le buste de saint Pierre avait les mêmes dimensions. La figure était couleur de chair. La barbe paraissait moins longue que celle de saint Paul. I! portait une tiare de perles fines ornée de trois couronnes fleurdelisées. Au milieu de la première couronne on voyait une croix en pierreries d'une grande richesse. Au-dessus de la tiare brillait une croix plus grande, formée de quatre émeraudes entourées de rubis , don collectif de la reine de France et de celle de Navarre. Une parcelle de la vraie Croix y était renfermée. Les deux fanons étaient couverts de pierreries. Au bas des fanons l'artiste avait attaché des clochettes en vermeil. Saint Pierre portait une tunicelle iut collet ren-
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versé, une planète et le pallium ornés, ainsi que le manipule, de rubis, de diamants et d'émeraudes.
La main droite se levait pour bénir, lïn gant semé de pierres fines la recouvrait. La main gauche tenait les clefs attachées par une chatne. d'or au bas de laquelle était suspendue une petite boule émaillée. Sur la poitrine on voyait encore un lis en or incrusté de pierres fines, don du roi Charles V.
Au-dessous du lis on lisait ce distique ;
ErigW ut propriun «oden tua. Paire, redllilt Hue Vatican* pastor ah ïrce Peu-i.
Au-dessus du piédestal, sur une spirale, ces roots étaient gravés.
Urbanui Papa V fteil /Itri hoc opus ad hononm capilit Beati Pëlri onno Mi MCCCLXIX.
Au milieu du piédestal étaient des bas-reliefs représentant les traits principaux de la vie de saint Pierre, et atfdessous on lisait :
Carolus Dei gratiâ, etc., comme sur le piédestal de saint Paul. De l'autre coté le joaillier Jean Bartoli signa son nom.
Le poids de chaque buste était de 1,200 marcs. Ils avaient tous les deux sept palmes de hauteur. Millin put les voir encore en 1669 ; c'est lui qui nous a laissé la description de ces deux merveilles du moyen âge'.
Urbain V ne se contenta pas de ces deux bustes. Il choisit pour les têtes des saints apôtres une demeure digne d'elles et les plaça au-dessus do l'autel de Sain t-Jean-de-La Iran, afin que cette église vénérable, qui est la more et la téte de toutes les églises du monde, omnium ecelesïarum mater et