Ù58 HISTOIRE D'URBAIN V
latine, le Sauveur tenant ïi la main des épis do blé et les offrant à ses brebis. A chaque coin du monument s'élèvent
saint Pierre, saint Paul, :\otre- Seigneur, saint lean-Raptisie, ainsi que les évangélisifR. Au-dessus lie ce riche entablement il y a d'élégantes colnnneties surmontées de quatre clochetons. Du pied des clochetons part un arc qui porte un fronlon an niilii-u duquel se trouve l'image du Sauve i m1 e:i\ irumu'i' 'l'un niinin -. il île rliaij :nté les armes de
France, d'Urbain V, d'Anglicdelirimoard el de C.régoireXI. Une aiguille surmontée d'une croix couronne le monument. Au-dessous de celte aiguille esi le tabernacle destiné aux saints apôtres. Une grille en fer l'environne de loules paris.
Ce monument donne a l'église' de l.atran un aspect singulier. Le pèlerin est ému en entrant. 11 comprend qu'if y a là un riche irésor, il se prosierne pour vénérer la icie
temple de Jupiter liapil'ilin. étaient autrefois disposées il droite et à gauche du monument. Sur les colonnes on avait place* des urnes où l'on brûlait de l'encens. Urbain V fit commencer le monument. L'archilecte Jean de Sienne en donna le plan. Grégoire XI l'acheva. Notre saint père le Pape Pie 1\ vient de le restaurer, et ses armes brillent avec celles du cardinal Antonelli à côté des armes des Grimoard et des Iteaufort.
ynrlqiif diligence que l'iiivhiterle eut mise il construire ce Monument, il n'allait pas assez vile an gré d'Urbain V. Le moment de son départ était proche, il voulait meltre la dernière' main à son ouvrage. EnÛn , le 16 avril 1.170, jour de mardi, les deux bustes furent bénis solennellement dans le palais du Vatican pnr Urbain V et confiés aux cardinaux des l.1 reins et Tébaldescbi. Le peupla et le clergé étaient venus en foule escorter les saintes images. La procession parcourut la ville ot se rendit à la clia-
pelle du Sonda Sandorum où reposaient les reliques.
Là, en présence des cardinaux dos Ursins, Tébiddesclii et Roger Beaufort, ainsi que du vicaire du Pape, l'évéque d'Arezzo, du sénateur de Home et des seize hannerets, on procéda à la translation des télés des saints apùlres. L'aulel du Sanda Sandorum fut ouvert. On en lira les deux cassettes en argent où les saintes reliques avaient été provisoirement déposées. Sur l'une on lisait : Sandas Pdrus, et sur l'autre ; Sanctus Paulus. Les deux mâchoires conservaient encore la plus grande partie de leurs dents. On mit les têtes en deux autres cassâtes d'argent après les avoir enveloppées d'une «oii> rou^c, et elles furent renfermées dans les deux bustes. On se rendit ensuite à la basilique, les deus bustes furent placés dans le riche tabernacle qui leur était destiné. On tendit tout autour des chaînes de fer pour empécber l'effraction du grillage, la porte fut fermée par plusieurs serrures dont le Pape et quelques grands per.-wnnaires de iinine gardèrent les clers.
Saint Paul fut placé a droite, suivant l'antique usage dont on retrouve des traces nombreuses dans les églises primitives et mémo aux catacombes. L'artiste avait écrit sur la poitrine de saint Paul ce distique qui explique le symbolisme de cette préférence :
Ccdil Aposlolicus prEacepa lit», Paulc : vocsris Nnm deilrie natus, voi, lubu ctara Deo '.
11 semble que-saint Pierre, étant le chef des apôtres et le fondateur de l'Église romaine, le premier Pape, en un mot, devrait toujours occuper le premier rang. C'est le contraire. De peur qu'on ne se méprenne et qu'on eu lire des arguments contre la primauté de saint Pierre, un habile théologien1 cherche à expliquer ce symbolisme. Il en dnnne sept raisons, dont voici les principales : Saint Pierre, étant