I. Sorêuni
histoire d'lrbais v. Mil Pierre, on le trouva trop lourd ; on prit seulement la tête du saint apôtre. Depuis cette époque jusqu'à la On du siècle dernier, rien ne vint troubler le repos de ces têtes augustes. Maïs en 1709. quand Rome, les basiliques et les musées furent dépouilles, on se souvint des trésors qu'Urbain V avait placés à Saint-Jean-dc-Lntran. On enleva aux bustes des saints apôtres les pierres précieuses, on jeta à la fonte les deux chefs-d'eau vre, pour en «traire l'or et l'argent *. Ainsi périrent ces deux monuments de l'art religieux au moyen âge. Afin que le souvenir n'en fût pas détruit, on prit ie dessin des deux bustes ; on peut le voir encore h Saint-Jean-de-Latran, dans la chapelle du Chapitre. Les têtes des saints apôtres, entièrement brisées, furent renfermées dans une boite de fer-blanc et laissées au même endroit. Il faut s'en tenir à ces généralités si on veut imiter les réticences et la prudente réserve des Romains qui ont fait le récit de ces attentats.
En 1803, une pieuse princesse voulut montrer sa dévotion aux têtes augustes de saint Pierre et de saint Paul. Elle fit fondre deux bustes en argent avec la figure en or, et, le 3 juillet de l'année suivante, le pope Pie VII fit la translation des reliques au milieu d'un peuple immense.
Enfin le pape Pie IX a réparé tout le monument. L'autel qui renferme la table de bois sur laquelle saint Pierre offrait le saint sacrifice a été reconstruit, et l'œuvre d'Urbain V brille d'un nouvel éclat.
C'est le 16 avril, troisième fête de Pâques, qu'Urbain V fit la translation des deux têtes. La primauté de saint Pierre et de l'Église romaine ayant été ainsi déclarée par le prudent Pontife, et les têtes des saints apôtres placées au centre de la catholicité pour instruire et enseigner encore le peuple chrétien en l'absence des Papes, Urbain V quitta Home pour toujours. H en sortit le lendemain de
celte rote et se dirigea sur Viterbe où l' année pontificale était réunie. Urbain V avait donné pour prétexte à ce rassemblement la guerre qu'il se proposait de faire au préfet de Vico, révolté oontre l'Église; mais il est plus probablequ'il tenait à avoir ses troupes sous la main au cas que les Romains voulussent s'opposer à son dépari.
Quand Urbain V se vit en sûreté, il manifesta publiquement la résolution qu'il avait prise de revenir en France, et donna à tonte la cour romaine trois mois pour les préparatifs de départ. En apprenant cette nouvelle, les Romains furent concernés. Ils entrevirent peur leur cilé les troubles intestins, la profonde misère d'où les avait lires le Pape. Ils se repentirent, mais trop tard, de la guerre sourde qu'ils n'avaient pas cessé de lui faire et lâchèrent de le retenir en Italie. Ils lui envoyèrent des ambassadeurs qui se trouvèrent auprès de lui le 22 mai '. Ces ambassadeurs, après avoir essayé inutilement de le fléchir, le prièrent de sauver au moins l'honneur de leur cité et de leur donner une réponse écrito constatant qu'il parlait d'Italie, non à cause d'eux, tuais pour veiller aux grands intérêts de l'Église qui réclamaient sa présence au delà des mers. Urbain V y consentit, et quand les députés fhrent partis, il écrivit aux Romains en ces termes :
« Nous ne doutons pas, nos très-chers Dis, comme le prouve le rapport que vous en ont fait vos concitoyens et d'autres personnes dignes de foi, qu'après vous être réjouis, dans votre fidélité et votre dévouement à notre personne, de notre présence à Homo et dans 1rs villes voisines, vos cifiurs ne s'attristent en apprenant le départ et l'éloignement de votre père ; et comme pnrini les autres raisons que vous avez de vous afiliger, vous craignez que les Pontifes romains, nos successeurs, ne renoncent à venir à Rome, en voyant qu'au lieu d'y fixer notre séjour, comme