‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 153 sur 162 · I. Kégesie, l, VIII · texte numérisé non relu

I. Kégesie, l, VIII

Dans cette lettre, Urbain V allègue les intérêts généraux de l'Église. Quels étaient ces intérêts? il n'y en avait pas d'antres évidemment que la nécessité d'assurer la liberté du futur conclave, et de soustraire l'Église romaine à l'orage qui la menaçait. Ces intérêts de l'Église universelle, Urbain V les sépara, dans sa lettre, des intérêts de la Franco et de l'Angleterre dont il parle aussitôt après. S'il dit aux Romains qu'il n'a pas à se plaindre d'eux, que son séjour en Italie n'a pas été troublé en aucune sorte, on ne doit pas trop presser le sens de ses paroles, elles seraient contraires à la vérité historique et démentiraient les faits de Viterbe et de Pérouse. Qui lira celte lettre attentivement, y verra un trait de prudence d'Urbain V, qui voulait donner une espèce de satisfaption à un peuple turbulent, lui enlever tout prétexte de courir aux armes et l'engager à demeurer fidèle aux Pontifes romains. Mais le but qu'Urbain V se proposait ne fut pas atteint. Les Romains se soulevèrent bientôt. Si l'ingratitude de ce peuple blessa le eccur du Pontife, il eut du moins la consolation de voir qu'il les avait bien connus, qu'il avait eu raison de s'éloigner, que sa prudence avait préservé l'Église des troubles et de l'oppression d'un peuple indiscipliné.

Ceux qui aimaient l'Église s'affligèrent du départ d'Urbain V. Comme ils ne se rendaient pas compte des motifs qui l'avaient déterminé, ils l'accusèrent de faiblesse et d'inconstance. Pierre d'Aragon vint le trouver, lui parla d'une révélation qu'il avait eue, lui fit entrevoir les horreurs du grand schisme Sainte Brigitte eut aussi une révélation ; une voix lui dit qu'Urbain V recevrait un soufflet qui lui ferait serrer les dents s'il revenait à Avignon, sa vue s'obscurcira, tout son corps tremblera, l'ardeur du Saint-Esprit s'éteindra en lui, les prières des âmes saintes

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