‹ Histoire d'Urbain V et de son siécleChapitre 73 sur 162 · Ciacconius · texte numérisé non relu

Ciacconius

î. Galiia ehriitiana. Histoire des archevêques d'Avignon. 3. Ibid.

qu'ils estimaient les plus dignes, ils tracèrent une petite figure et écrivirent en cercle trois noms : Pierre, Paul. Andri, laissant ainsi au Pape la liberté du choix. Urbain V rit de la ruse des bons religieux1. Mais, comme les Frères Mineurs avaient oublié le nom de l'homme qui donnait te plus de gloire à leur ordre et venait de rendre à l'Église lo plus signalé service en pacifiant les républiques d'Italie, Urbain V, qui n'oubliait rien de ce qu'on faisait pour l'Église, ne tint pas compte des noms que les Frères Mineurs lui avaient designés, et donna la pourpre a Marc de Viterbe.

Entré jeune encore dans l'ordre des Frères Mineurs, il en fut nommé général en 1359. Six ans après il célébra h Florence le chapitre général de son ordre et y fit les plus sages règlements. Urbain V, qui connaissait sa prudence et sa perspicacité, l'employa dans les négociations les plus difficiles : il réconcilia les évéques d'Asti et de Verceil avec le marquis de Monlfcrrat, amena les Pisans et les Florentins à mettre bas les armes, forma une ligue de toutes les cités lombardes cl toscanes contre les grandes compagnies. La récompense que lui décernait Urbain V était méritée. Marc de Viterbe reçut avec le chapeau le titre de Sainte- Praxède.

La création des trois princes de l'Église répandit la joie dans Avignon. Mais, plus que tous les autres, dut se réjouir le vieux chevalier Grimoard. Cet heureux père, à la nouvelle qu'un de ses enfants venait de monter sur la chaire de Saint-Pierre, s'était bâté de venir partager sa gloire. Urbain V l'accueillit avec le respect et la vénération qu'li lui devait; il ne voulut pas que son père acceptât la pension que le roi de France voulait lui faire.se réservant à lui seul l'honneur de fournir à toutes ses dépenses; enfin ce vieillard voyait un autre de ses fils revêtu de ia pourpre.

HISTOIRE D'UHBAIN V.

Son bonheurétait complet, el Dieu vint l'enlever à la [erre: il mourut âge" de cent ans environ, dans le palais des Papes, quatre semaines après la promotion du cardinal Anglic. Urbain V l'assista de ses prières à ses derniers moments, lui donna l'indulgence pleTtiore de ses péchés et reçut son dernier souffle

Urbain V portait une âme douce et sensible ; la mort de son père ût couler ses larmes, mais bientôt les pensées de la foi vinrent le consoler; il se soumit aux desseins de la Providence qui enlevait sou père, à suit affection et no laissa échapper aucune plainte, aucun murmure; il disait à tout le monde ces paroles qu'il avait, au reste, l'habitude de prononcer souvent: a Nous sommes lotis destinés à mourir, et nous ignorons l'heure de notre mort; c'est pourquoi nous devons nous tenir prêts. »

Le Pape veilla à la sépulture de son père et de sa mère, leur éleva un tombeau dans l'église du cliàtcau de Bédoues, qu'il avait fait reconstruire, y fonda une colléniale de chanuiites qui devaient prier jimtr li s membre* de sa famille et exercer les fonctions curiales à Bcdouès; il leur assigna pour demeure le cltâleaii do Ilèduitùs que son pere lui avait donné en apanage avec lotiles ses dépendances. Ce château, flanqué de tours, pouvait offrir aux chanoines un refuge contre les grandes compagnies. A l'époque des guerres de religion, les protestants des t'.évetines ruinèrent le château et l'église. On les reconstruisit sur un plan nouveau. La trace du tombeau des Grimoard fut perdue ; on ne i'a retrouvée qu'en 1855.

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