Chronique <!i Rimiiii
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au milieu d'une grande pompe. Quelques Papes avaient pris le jour du possssso la voie Labicane jusqu'à la hauteur de l'église de Saint-Clément, par où ils rentraient dans la voie papale, encombrée de ruines depuis le Golysée jusqu'à cette église. Comme on voyait en cet endroit une statue de prêtre romain toute drapée avec un enfant à ses pieds, le pcupli' croyait que c'était une statue de la papesse Jeanne, érign: aux lieux oit cette femme expira, et que les Papes, en haine de la prétendue papesse, se détournaient de leur chemin, Urbain V, voulant détruire cette fable dans l'esprit du peuple, fit déblayer la vote et la suivit directement depuis le Colysée jusqu'à Saint-Jcan-de- Latran
Le 31) octobre, jour de dimanche , Urbain V célébra la messe solennelle sur l'autel de Saint-Pierre au milieu d'un grand concours de peuple. Depuis le Pape BonifaceVIll Rome n'avait pas vu cette cérémonie. Pendant la messe, Urbain V sacra évéque de Sabine le vieux cardinal d'Aigrefeuille. Clément VI l'avait imunm; eveque île Saragosse, et avant qu'il fut s.uti; il lui donna II' idiapi'.m lu t'îru île Sainte-Marie-in-Transtevere. Urbain V le sacra de ses mains en souvenir de la vieille amitié qui l'unissait à ce cardinal. On remarqua qu'en bénissant le peuple il ajouta quelques paroles à la formule, et chanta ainsi : Sit nomen Donùni bénédiction, qui volv.il quod tgo comptèrent votum et volun-
Lo 11 novembre suivant mourut le cardinal Bragosc, après une longue maladie, causée sans doute par les fatigues du voyage et le trouble où le jeta la sédition do Viterbe. Rome et l'Italie devaient naturellement lui être odieuses. Quand il fut sur le point de mourir, il fit dire à Urbain V que les médecins lui conseillaient de revenir
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3G0 histoire d'urbain v,
dans sa patrie et d'aller respirer l'air nala! s'il voulait recouvrer la santé. 11 le priait de lui permettre de partir. Étonné d'une pareille demande, L'rliain V répondit aux envoyés du cardinal : m Allez trouver votre maître, qui fut mon ami et mon condisciple, et dites-lui de ma pari que son désir d'aller dans sa patrie est louable, s'il comprend bien quelle est celte patrie. Il commet tin crime s'il pense a la patrie terrestre, dans l'état où il se trouve. La Jérusalem céleste, c'est là noire véritable patrie ; qu'il soupire après cette patrie, qu'il tourne ses pensées vers elle, qu'il se rappelle qu'en y entrant il rencontrera des ennemis terribles, les deux apôtres de Jésus-Christ, Pierre et Paul... Qu'il tache de les apaiser, quand il en est temps encore, par ses prières, par ses larmes, par ses regrets, alln qu'il se les rende propices et qu'il puisse atteindre le seuil de cette patrie. Allez, et rapportez-lui mes paroles', n
C'est ainsi '[iiTihaiii V ivilieail lis iiKjiiiéiiïdi des cardinaux et cherchait à leur donner une sécurité qu'il ne partageait pas lui-même. Pétrarque, dans sa lettre à François Bruni, n'a pas d'éloges assez grands pour celle réponse du Pape. 11 savait pourtant sa pensée intime, car le même jour il écrivit à Urbain V sa seconde lettre : il le félicitait de son arrivée en Italie et l'engageait à y demeurer. Pétrarque s'était réjoui plus que personne du voyage d'Urbain V ; il voyait le bonheur de Rome et la gloire de l'Italie attachés à la présence du Pape ; mais la sédition de Viterbe l'émut profondément, et lui fit craindre le prompt départ de la cour romaine. Cède sédition semblait donner raison aux cardinaux qui, dans une prudence tout humaine, avaient cherché à dissuader Urbain V de son projet et lui faisaient craindre mille dangers en Italie. Le poète écrivit au Pape pour l'engager à se défier de leurs conseils.
Il loti" d'aliurd Urbain V de sa belle résolution, compare