‹ Histoire de Bagdad dans les temps modernesChapitre 29 sur 93 · Cf. Cuinot, t. II. p · texte numérisé non relu

Cf. Cuinot, t. II. p

3. Cette ville a et/' submergée il y a iinn cinquantaine d'années par la cruo (It's eau\ liii lac do Van. Cf. Cuinet, I. II, p. 709.

sur les frontières du Cliéïkh.ln*. Il y avait un an qu'Rmir- EspAn avait réussi à s'emparer do Bag^dafl ; cq prince gouverna sans conteste jusqu'à sa mort, qui survint en celte m<^me ville en 848 (1444-45).

Cependant Qara-Yousouf avait continué son existence turbulente; avec l'ambition d'étendre les limites de son empire, il était parti pour combattre ChAb-Rokh, fils de Timour, avec ime armée formidable, lorsqu'il mourut subitement dans la villo d'OudjAn*; il n'avait à ce moment aucun de ses fils près do lui, pour prendre sa succession ; aussi son trésor fut pillé {»ar sa propro armée, qui se dispersa; son corps fut abandonné tout nu dans une écurie et ne fut enterré qu'au bout de trois jours. Il avait régné quatorze ans.

Son pouvoir passa à son fils aîné Iskendèr qui, d'accord avec son frère Djihân-ChAli, rassembla des troupes et ouvrit les hostilités contre Châli-Rokh , les deux armées se rencontrèrent près d'Ardjîch. Châh-Rokh fut vainqueur, mais personne n'osa poursuivre Iskendèr et son frère, qui, à trois reprises, revinrent à la charge. Plus tard Djihân-Chàh ol la plupart des émirs turcomans se fatiguèrent d'Iskeuilèr; ils l'abandonnèrent et se réfugièrent au camp de Châh-Rokh qui les reçut amicalement et confia au prince fugitif le gouvernement des provinces de Diarbékir et de l'Azerbaïdjan, à la condition d'en faire la conquête et de s'emparer de son frère Iskendèr. Celui-ci, pour résister à cette attaque, se réfugia dans la forteresse d'Alendjaq dont Djihân-Châh ne parvint pas ;i bout de s'emparer, si ce nest par la trahison. Comme il savait que le fils de l'assiégé, Qobâd, était amoureux d'une esclave de son père, il l'excita à assassiner Iskendèr, ce qui arriva en 841 (1437-38). Il avait régné seize ans. D'après le Nokhhèt fit-Téwârikh^ Djihân-Châh mit lui-mome à mort lo

1. Petit district formant aujourd'hui un nahiyè dépendant de Mossoul.

2. Station d'été des Mongols, près de Tébrîz, embellie par Gazan. Cf. J.-B. Chabot, op. laud., p. 118, note 3.

parricide Qobâd, pour le punir d'un crime qui lui était profitable.

Djihân-Châh monta donc sur le trône et pendant douze ans gouverna, en qualité de lieutenant de Châh-Rokh, les provinces d'Azerbaïdjan et de Diarbékir. Après la mort du fils de Timour, il se rendit complètement indépendant, et resta, pendant trente-deux ans, le maître incontesté et absolu de ces deux provinces ainsi que de Bagdad, de Bassora, du Fars et du Kirmân. En 861 (1456-67), le souverain du Khorasân, Bâï-Sonqor, fils de Châh-Rokh, étant mort, ses enfants se disputèrent la couronne. Profitant de ce désordre, Djihàn-Chàh s'empara d'Héiat; mais quand Abou-Sa'îd, qui venait de se déclarer souverain de Samarqand, apprit cette nouvelle, son zèle pour la cause des Timourides se réveilla et il marcha contre le Turcoman. Djihân-Ghàh, ne pouvant lui résister en rase campagne, se fortifia dans une forteresse de cette région, et envoya de prompts messagers à son fils Pîr-Boudaq, gouverneur de Chirâz, pour lui demander des secours. Ceux-ci ne se firent pas attendre, et Pîr-Boudaq, en une semaine, lui envoya douze mille combattants.

Ces renforts n'améliorèrent pourtant pas la cause de Djihàn- Chùh, qui fut vaincu par Abou-Sa'îd; déplus, on apprit quuu autre fils du Turcoman, Ilasan 'Ali Mîrzà, profitant de ce que la ville de Tébrîz était abandonnée à elle-même, s'y était installé sans combat et s'était déclaré indépendant. Fort attristé à cette nouvelle, Djihàn-Chàh se résigna à conclure la paix avec Abou-Sa'îd; puis il retourna à Tébrîz, fit mettre en prison son fils Ilasan 'Ali Mîrzâ, et confia, en récompense de ses services, le gouvernement de ITràq- Arabî à son fils Pîr-Boudaq.

Pîr-Boudaq, une fois mis en possession du gouvernement de Bagdad, n'eut rien de plus pressé que de se révolter à son loui' contre son père. Djihùn-Chàh se mit de nouveau en campagne; il marcha en personne contre son fils, assiégea la ville pendant un an et demi et finit par s'en emparer; Pîr-Boudaq

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fut pris et mis à mort en 870 (1465-66). Pendant que ce prince avait régné à Bagdad, il s'était attiré l'inimitié de Ilasan le Long, le fondateur do la dynastie desTurcomans du Mouton- Blanc; ce dernier, à la suite de la catastrophe qui anéantissait son ennemi, fit voir une joie immodérée qui indisposa DjHiAu- Châh, lequel lui déclara la guerre incontinent et marcha contre lui à la tête do cinquante mille soldats. Devant celte levée formidable, Hasanle Long s'enfuit sans pouvoir résister; mais pendant que Djihàn-CliAh, accompagne seulement de cinq à six cents hommes, se reposait sur le bord d'une rivière, Ilasan profita de l'occasion, attaqua la petite troupe et tua Djihân-Chuh (872 =: 1467-68). L'empire que celui-ci avait constitué avec tant de peine et qu'il avait gouverné si longtemps passa tout entier à Hasan le Long et aux Turcomans du Mouton-Blanc. Telle fut la fin de la domination de la première dynastie turcomane à Bagdad.

Le grand-père de Ilasan le Long, Qara-'Othmân, était au service de Timour et gouvernait en son nom certaines localités de la province de Diarbékir ; il mourut sous le règne de Châh- Rokh, et son fils 'Ali-beg lui succéda, puis Hasan à celui-ci, quand il mourut au bout d'un certain temps. Ces princes furent continuellement en inimitié avec les Turcomans du Mouton-Noir. Lorsque Djihân-Châh eut été tué, comme nous venons de le dire, son fils Hasan-'Ali lui succéda; il s'empressa d'envoyer des messagers à Abou-Sa'îd pour l'informer de l'événement dû à Hasan le Long. Le souverain timouride voulut porter secours à son vassal : il se mit en marche à la tête de vingt-sept mille combattants. Hasan, effrayé, crut devoir recourir à la temporisation et à des négociations ; il envoya à la rencontre du souverain sa vieille mère avec des présents royaux et des chevaux turcomans, cadeau en général fort prisé; mais cette tentative n'eut aucun succès : il vit ses cadeaux refusés, sa mère repoussée. C'est en vain également qu'il proposa de céder à Abou-Sa'îd Bagdad, Bassora, le Fars el le Kirmân^ et de ne se réserver que le gouvernement de

l'Azerbaïdjan, à la condition de se reconnaître vassal d'Aboii- Sa'ùl, de battre la monnaie à son nom et de le faire citer dans le prône à la mosquée. Abou-Sa'id n'accepta aucune de ces propositions. Hasan le Long, réduit à toute extrémité, se mit à la tête de douze mille combattants de sa tribu, investit le camp d'Abou-Sa'id et l'affama pendant quarante jours. Ce terme écoulé, il partit pour Ardébîl. Abou-Sa'îd avait vn périr la plupart de ses bêtes de somme ; ne sachant que faire, il envoya à Hasan le Long sa mère pour intercéder en sa faveur. Celui-ci paraissait disposé à accepter cette intervention, mais legrand-pèrode Chùh-Isma'îl,Djounéïd.run des fondaleursdu pouvoir de la famille qui monta plus tard sur le trône de Perse sous le nom de dynastie des Çafawîs, et qui se trouvait présent au conseil, s'opposa à la paix, de sorte que la mère d'Abou- Sa î(l fut définitivement repoussée et revint désespérée au camp de son fils. D'un autre côté, certains émirs de l'armée du Timouride firent défection et se mirent du parti de l'assiéi?eant. Aboii-Sa'îd. devant ces conjonctures, fut forcé de s'enfuir.

Pendant qu'il courait les chemins, /éïnel-Mirzri, fils de Hasan le Long, le poursuivit, le prit et l'amena devant son père qui le reçut avec de grands honneurs mélangés d'un certain mépris. Il lui proposa un accommodement : le souverain fugitif se contenlerait du Khorasân et de la Transoxiane, et le vainqueur garderait le reste de ses conquêtes. Abou-Sa'îd ne voulut pas accepter cet arrangement et trouva que Hasan le Long demandait trop. Celui-ci, furieux, et obéissant à Tinsistance qu'y mettaient les émirs de la tribu des Aq- Qoyounlu,' prouva, devant un conseil composé de juges, qu'Abou-Sa'îd avait précédemment fait mettre à mort, sans motifs, la mère d'un individu nommé YâdigAr Mohammed; le jugement qui fut rendu le condamna à la peine du talion, qu'il subit en 874 (14Gli-70).

Hasan le Long envoya ensuite des troupes contre Elvènd- Beg, préfet de Bagdad pour Djihân-Chà h, le dernier souverain

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des Qara-Qoyoïinlu, qui s'était maintenu dans cette ville ; mais ces troupes furent battues, et Ilasan dut se rendre en personne devant la cité dont on lui refusait la possession. Elvènd-Beg fut tué dans la bataille qui s'ensuivit. A partir de ce moment, Hasan le Long joignit à ses autres domaines celui des deux IrAqs.

En 877 (mars 1473), la guerre éclata entre Hasan le Long et le sultan ottoman Mohammed II'. Après un léger succès d'avant-garde, le premier fut battu près d'Erzingiân, rentra à Tébrîz et ne s'occupa plus que de diriger les affaires de l'Etal. Il mourut en 882 (1477-78), après douze ans de règno. Son lils aîné Khalîl-Mîrzà occupa sa place; son fils cadet Ya'qoùb-MîrzA, fut gouverneur de Diarbékir. Un autre de ses fils, Maqçoûd-Mîrzâ avait été gouverneur de Bagdad du vivant de son père; celui-ci le destitua parce qu'il le soupçonnait d'être de connivence avec son frère, Oghourlou Mohammed, qui s'était révolté à Ispahnn^; il fut tue, d'ailleurs, lorsque Khalîl monta sur le trône. Profitant du mécontentement que causait au peuple la conduite de Khalîl, Ya'qoûb-Mîrzâ se révolta l'année suivante (883 = 1478-79), et vainquit son frère près de Salmâs ; celui-fi fut tué dans le combat, et Ya'qoûb régna sur les domaines laissés par son père. Au bout de treize ans de règne, sa mère, sans le savoir, lui fit boire du poison et on but elle-même, de sorte qu'ils moururent ensemble.

Un groupe de leurs serviteurs élut son fils Bâï-Sonqor Mtrzâ, une autre coterie choisit un autre de ses fils, Mésîh- Mîrzâ; on en vint aux mains, Mésîh fut tué dans la lutte, et Bàï-Sonqor monta sur le trône. A la suite de cette lutte et de la mort de Mésîh, un dos gens de la suite de ce dernier, nommé Mahmoùd-Beg, fils d'Oghourlou Mohammed et par conséquent son propre cousin, s'enfuit k Bagdad où, par les soins

1. Sur les causes et les piM-ipélics de cette guerre, voir Hammer, op. laud., t. III, p. 158 et suivanttis.

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