‹ Histoire de Balaruc-les-BainsChapitre 18 sur 39 · üv · texte numérisé non relu

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III. — La dîme était établie à Balaruc et aux Bains sur les biens fonds et sur les étangs.

Perçue dès le principe de dix un, la dîme fut modifiée par des conventions entre les décimateurs et les décimés.

A Balaruc, les pêcheurs de l’étang dit Estanègue ne payaient que de quinze poissons, un ; mais le fermier du chapitre de la catbé-

drale Saint-Pierre de Montpellier, voulant la ramener à son état primitif, intenta un procès aux habitants de Balaruc qui avaient soutenu les pêcheurs dans leurs revendications.

Une délibération de l’année 1665 donne pouvoir et puissance au sieur Auclan, premier consul, accompagné de M. Jacques Pouzaire, greffier en la prévôté générale de Languedoc et le sieur Jean Périer, députés, pour aller à Montpellier trouver messieurs du vénérable Chapitre et leur dire que François Riquet, rentier, veut faire payer la dîme de dix un, quoique par une transastion passée avec le Chapitre, les habitants qui pêchent ne sont obligés que de payer la dîme du poisson et chasse qui se fait dans les étangs que alitres de quinze un.

EUe fut maintenue à ce taux, à la suite d’une nouvelle convention, avec certaines modifications sur les poissons à décimer.

En 1766, ce même chapitre exige la dîme sur les fourrages, herbages, jardinage, etc.

Refus de la part des habitants, emprunt de cent livres pour plaider; c’est tout le résultat connu.

L’évêque de Montpellier prélevait la dîme sur les toisons des troupeaux de Balaruc ; un seul habitant, M. Claux, paye en 1704 trente-trois toisons, et en 1705 soixante-dix.

Nous donnons le montant des dîmes d’après la déclaration faite par les intéressés, en 1790, bien au dessous de la vérité, lorsqu’il n’y avait pas surtout de bail authentique.

Evêque de Montpellier.

Fruits décimaux de la paroisse :

Saint^Maurice 2.000 liv. 1

Dîmes sur les poissons 600 » j '

‘ Chapitre Saint-Pierre de Montpellier,

Fruits décimaux sur la paroisse :

Notre-Dame des Eaux 1.900 liv. j

Dîmes sur les poissons de l’étranger 200 » > 2.500 »

Sur ceux du Bourdigue 400 » \

Ensemble 5.100 liv.

La communauté de Balaruc payait pour droits seigneuriaux et dîmes 6361 livres.

IV. — Les dépenses ordinaires étaient de peu d’importance ; les consuls, qui recevaient 9 livres les deux, furent taxés pendant le xvii® siècle à 20 livres le premier consul, et à 15 livres le second, pour frais de chaperons.

HISTOIRE DES COMMUNES DE l’hÉRAULT,

Le greffier consulaire recevait 50 livres de gages, et le valet de ville 12 livres.

Les dépenses extraordinaires consistaient en réparations aux églises de Balaruc et des Bains, aux remparts, à la construction d'un pont plat et d’un lavoir à la rivière deCoulobres.

En 1665, on répara le jeu de ballon, afin de permettre à lajeunesse de s’amuser.

En 1700, on construisit des escaliers pour monter au clocher, l’échelle étant en grande vétusté et la commodité étant plus facile pour y monter (stc).

Il fut fait un puits devant l’église de Balaruc, et l’on répara la fontaine qui se trouve sur le bord de l’étang.

V. — Le courratage était un droit placé sur le mesurage des vins et huiles qui se vendaient dans le lieu, à raison de cinq sols le muid de vin (692 litres) et la charge d’huile (162 litres).

Le quintal des raisins secs était payé en gros de 6 à 8 litVes suivant qualité, et au détail 10 sols.

Ce commerce avait cessé, depuis que les propriétaires des vignes avaient abandonné la culture des raisins blancs de qualité pour se livrer à celle des raisins noh'S donnant une belle couleur aux vins rouges.

VI. — La vente de la viande aux habitants était faite par un boucher, adjudicataire de ce droit, et dont le baU mentionnait les prix des différentes qualités de viande.

Il pouvait tenir un troupeau de six- vingt bêtes à laine et le faire paître clans les vacants et les garrigues de la communauté.

La délibération du 6 octobre 1738 porte : « Les consuls Jean » Bouat et Pierre Maurin furent aux Bains, accompagnés des sieurs » Guillaume, Rous et François Salis, policiens, où nous furent J) dans la maison du sieur Courty, que la veuve Benoit fait le débit » de la viande de boucherie pour le sieur Besse, habitant de Cette, » boucher du lieu. Quoiqu’il est défendu dans son contrat de la » boucherie que les sieurs consuls ont passé de vendre ni débiter » aucune viande qui ne fut bonne et de recette, où nous aurions » trouvé, malgré toutes les défenses trois moutons dont il y en avait » un très fort mauvais et fort maigre, et entre les deux épaules une » noirceur comme la main et après l’avoir fait examiner et vérifier » par le sieur Bénézech, boucher de Bouzigues, par François » Donnât et Antoine Raynaud, habitants des Bains, nous l’aurions

» saisi et confisqué en présence de ceux nommés et porter à l’hôpi- » tal des Bains, et livré à la sœur de l’hôpital pour le distribuer » aux pauvres. »

Outre cela, le boucher commun fut condamné à cinq livres d’amende au profit des pauvres de Balaruc et aux frais.

VIL — Le transport des vins de Balaruc à Cette était le monopole de la communauté, qui le mettait en adjudication ; il n’est rien dit dans le bail à ferme des prix de transport ; l’on se contente de donner le prix du bail qui, en 1683, était de 57 livres en faveur de la communauté. Il est dit dans celui de 1645 que le charroi des denrées de Balaruc se fera moyennant le salaire accoutumé.

VIII. — Le 1®'' juillet 1268, Bérenger de Frédol, évêque de Maguelone, seigneur de Balaruc, achète à Dieudonné Dupuy le four de Balaruc moyennant cent livres melgoriennes (1).

Il fut aliéné à la communauté, nous ne savons à quelle époque.

Tous les ans, le jour de Noël, avait lieu l’adjudication du four aux conditions faites en 1552 .

« L’afferme pour une année à raison de 150 livres à payer en » deux termes égaux.

» Le fermier exigera des habitants qui voudront cuire leur pain » au four le droit de cuisande, de trente pains un, et le droit de four- » nage de tout le pain étranger qu’on portera, de soixante pains, un.

» Le fermier sera tenu de cuire le vendredi et le samedi, et de » bien et duement apprêter le pain, à peine de dommages au dire et » jugement d’experts.

» Sera tenu le dit fermier de bailler les braises de chaque fournée » moyennant un pain aux habitants qui les voudront, toutefois les » braises des seconde, troisième et quatrième fournées et autres, » et non de la première fournée. »

Il y avait un four aux Bains qui était arrenté aux mêmes conditions.

IX. — L’horloge fut placée en 1663 par Louis Le Moyne, maître horlogeur de Tonguirial en Picardie ; elle coûta avec la montre extérieure la somme de 200 livres.

X. — En 1881, il a été ouvert un bureau de poste à Balaruc-les- Bains, et à l’époque où paraîtra cette publication, un fil télégraphique donnera satisfaction aux habitants et aux malades de la station,

(1) Gallia Chriatiana, t. vi ; France Pontificale, dioc, de Montpellier, p. 124.

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