TOPOGRAPHIE
I. Situation géographique et pittoresque. — II. Rivières, sources ; Issanka, Enversac. — III. Etangs de Thau, de l’Angle, la Visse, l’Estanègue,. — IV. Ports : de Balaruc-le- Vieux, de Balaruc-les-Bains. — V. Chemin de fer, routes, chemins. — VI. Tènemenls. — VII. Ecarts. — VIII. Productions. — IX. Superficie. — X. Altitudes. Limites. Distances. — XI. Statistique.
I. — La commune de Balaruc-les-Bains est située au sud du département de l’Hérault, à l’est de Frontiguan, son chef-lieu de canton, à 3 kilomètres au nord de Cette et à l’extrémité nord-est de l’étang de Thau.
De nos jours, Balaruc-les-Bains, bâti à l’extrémité d’un promontoire, est appelé, par la bonté de ses sources thermales, à devenir un jour une station des plus importantes de notre littoral méditerranéen.
Sur une petite éminence au nord du village, on aperçoit un des plus beaux panoramas de notre département.
De nombreux navires ne cessent de sillonner cette petite mer intérieure qui a fait la fortune de toutes les cités bâties sur ses bords. Dans le lointain, disparaissant sous les vagues, Marseillan, et plus au sud le pic Saint-Loup, au pied duquel on aperçoit, par un beau temps, Agde, la ville noire; Mèze, si renommé pour le trafic de ses vins (1) ; le petit village de Bouzigues, possédant une station de chemin de fer, et au nord Balaruc-le-Vieux ; en tournant les regards vers l’est, les
(1) Nous avons publié l’histoire de cette commune, in-8» raisin, 144 pages, 1881,Nimes. — Clavel-Ballivet et C*, impr.
mSTOniE DES COMMUNES DE l/lIÉRAULT,
dernières hauteurs de la Gardiole, et auprès de l’ile de Saint-Sauveur, les hauts-fourneaux. Après avoir suivi de l’œil les Ixjrds incultes de l’étang, au sud l’inimense gare des deux chemins de fer du Midi et de la Méditerranée, et au-dessus une multitude de rnàte qui montrent leurs pointes bariolées des couleurs des bâtiments étrangers à l’étroit dans le port de Cette, sur les pentes du mont Saint- Clair, de nombreux mazets et d’élégantes villas disparaissent sous la verdure. La courbe majestueuse de cette montagne imprime à ce coin de tableau un caractère qu’on ne peut oublier lorsque, par une belle journée, on aperçoit ces paysages à travers la limpidité de l’air et sous le scintillement des eaux de l’étang.
Le spectacle devient étrange et surnaturel, dès que la brume a jeté son voile sur les eaux limpides. On voit briller dans le lointain des rayons lumineux qui s’éclipsent par intervalles : c’est le phare d’Agde placé au sommet d’une montagne volcanique ; quelques lueurs vaporeuses indiquent les emplacements des lieux habités.
Un éclair jaillit, un sourd grondement se fait entendre ; les yeux sont éblouis par la lave incandescente qui s’échappe du ventre rebondi des hauts-fourneaux. Par les ouvertures supérieures, des clartés vibx’antes font miroiter les eaux, et les yeux ne peuvent se détacher de ces points brillants ; ils en sont comme fascinés ; le vent, qui s’engouffre avec bruit dans les flancs de ces cuves de briques cerclées de fer, engage avec le charbon une lutte victorieuse contre le minerai qu’il réduit bientôt en lave. Des hommes nus, armés d’énormes barres de fer, s’apprêtent à diriger le ruisseau incandescent dans les sillons où il prend sa première forme.
A ces bruits viennent se mêler le roulement continuel des trains qui parcourent le littoral ; des lueurs rouges sillonnent sans cesse tout l’horizon, et lorsque les chauffeurs alimentent les brasiers des machines, la fumée des locomotives s’éclaire en longues traînées blanchâtres à travers ces espaces déserts.
Quel magniflque spectacle lorsque, dans les eaux calmes de l’étang, on voit se refléter les innombrables lumières qui, échelonnées à des distances égales, éclairent les deux gares ; en levant les yeux vers la voûte céleste, les étoiles brillent d’un vif éclat et la masse sombre de de la montagne de Saint-Clair apparaît alox*s comme un gardien vigilant.
Balaruc-le-Vieux s’élève sur un coteau situé au iond de l’anse de l’étang de Thau, désigné en cet endroit sous le nom d'étang de l’Angle. Une belle avenue, complantce d’arbres de différeiites essences, d’xuie loxxgueur de 2.500 mètres, x’elie les deux Balaruc.
IL — La Vène coule du nord au sud; cette rivière est formée par tous les ruisseaux qui traversent les territoires des communes ' de Poussan, INIontbazin et Gigean. Elle prend sa source dans la commune de Cournonsec et se jette dans l’étang de l’Angle , fait mouvoir six usines et arrose 30 hectares de terres (1).
Le ruisseau d’Yssanka, dont une partie des eaux de la source alimentent la ville de Cette, traverse le territoire de Balaruc , de l’ouest au sud.
Non loin de Balaruc-les-Bains, après les hauts-fourneaux et presque sur la limite de la commune de Frontignan, on rencontre la source d’Enversac, connue aussi sous le nom de fontaine Alézieu. L’eau sort au même niveau que celle de l’étang et présente un phénomène très intéressant. Après les fortes pluies, l’eau est douce et ferrugineuse, et au commencement de l’été, celle de l’étang s’y engouffre avec une telle impétuosité que l’on entend h une distance assez éloignée le bruit produit par l’eau. L’eau de cette source forme le ruisseau de Coulobres, qui n’a que 10 mètres de longueur. Ce nom vient de Colober (couleuvre et autres), ce qui confirme le dire des anciens pêcheurs, et qui est expliqué par l’orifice du gouffre, où se logent ces sortes de reptiles lorsque le ruisseau est à sec.
III. — L’étang de Thau, en baignant le littoral des deux Balaruc, forme de son territoire une presqu’ile dont l’isthme a un écartement de 1,250 mètres du nord-ouest au sud-est.
Le promontoire de Balaruc fait face au rocher de Roquerol , ile placée au milieu de l’étang de Thau, et au promontoire de Saint- Joseph, au nord de la montagne Saint-Clair.
La côte nord-ouest, depuis Balaruc-le-Vieux jusqu’au promontoire de Balaruc-les-Bains, est escarpée. Les falaises, de plusieurs mètres de hauteur, s’abaissent après avoir tourné le cap, et on trouve alors une eau parsemée d’écueils.
L’étang de l’Angle est la partie de l’étang de Thau qui se trouve entre Balaruc-les-Bains et la commune de Bouzigues; elle forme une anse qui baigne les terres de Balaruc-le-Yieux et de Poussan.
Non loin des falaises de Balaruc-les-Bains, dans l’étang de l’Angle et en se dirigeant vers Bouzigues, il existe une source jaillissante, connue sous le nom de V Abysse ou la Visse ; la force ascensionnelle de cette source arrête, dit-on, les vagues et les empêche de passer outre. La température de ce petit gyser est un peu plus élevée que
(1) Le fleuve Avène est meatioiiné dans un acte d’inféodation de 1244.
HISTOIRE DES COMMUNES DE l’hÉRAULT
celle de l’étang. En 1820, lors du terrible froid qui permit aux négociants de Mèze de transporter leur vin en charrette en passant sur l’étang gelé, un espace circulaire correspondant au gouffre de l’Abysse resta liquide et fut la réunion de tout le gibier d’eau de la contrée.
La carte de Cassiiii désigne cette source sous le nom de La Visse, du roman La Biso et du laMuAbyasus (abime).
L’étang de l’Estanègue est situé au nord-ouest de l’étang de 'rhau ; il baigne les territoires des communes de Balaruc, Poussaii et Bouzigues. Une partie de cet étang est souvent à sec pendant l’été et l’autre partie a très-peu de fond. Il est aussi connu sous le nom d’étang des Eaux Blanches.
IV. — Le port de Balaruc-le-Vieux est situé au pied du coteau sur lequel est bâti le village; ce port est presque entièrement comblé. Il est formé par un bassin de 20 mètres de largeur sur 60 de longueur, pratiqué dans les eaux de l’Anse. C’est à cet endroit, nommé l’Abysse, que se jette la rivière de La Vèue, dont les aUuvions comblent le fond de l’Angle.
Le port de Balaruc-les-Bains est de création toute récente : il est situé au sud-est du village. Un vapeur s’arrête plusieurs fois par jour à l’extrémité de la jetée.
Un chemin de fer actuellement en construction, et qui doit relier la gare de Montbazin-Gigean â celle de Cette, traversera le terri toii’e de la commune dans la direction du sud-est au nord-ouest. La station doit se trouver près les hauts-fourneaux et non loin du fond de l’anse dans laquelle émerge la petite île de Saint-Sauveur.
V. — La route départementale n° 4, de Cette à Pézénas, le traverse du nord à l’est et au sud ; elle s’embranche avec la route nationale n“ 87, dans le territoire de Poussan, et sert de continuité avec la route de grande communication n® 2, de Bédarieux à Cette.
La commune de Balaruc est reliée â son chef-lieu de canton j)ar le chemin d’intérêt commun n° 29, qui part des Bains, passe à Balaruc-le-Vieux et se dirige sur Frontignan.
Il existe, sur les anciens compois, un chemin dit des Charbonniers, partant du village de Balaruc allant à la combe de l’Homme-Mort.