‹ Histoire de Bèarn et Navarre 1517 à 1572Chapitre 113 sur 169 · s’agit probablement non de la commune d’Espoey, située · texte numérisé non relu

s’agit probablement non de la commune d’Espoey, située

« D’autant, disoient-ils, Monsieur, que vous nous avez déclaré ne pouvoir aecorder le terme par les Estas demandé, afin d’avertir la Roine et nostre seigneur le Prince de vostre sommation, lesdits Estas, attendu que les capitaines qui avoient la charge, forces et armes en leurs mains et gouvernement d’iceles, pour le service de ladite Dame et défense du pais, l’ont abandonné et se sont retirez dedans Navarrens, vovans

et considérans vos grandes forces et puissante armée, afin que le pais ne soit pris par rigueur et par force d’armes, et par tel moyen estant conquis les habitans d’iceluy privez de leurs fors, costumes, privilèges et libertés, et veues les offres et présentations que vous faites au nom et de la part du Roy Très-Chrestien, les Estas ont accepté et acceptent vos présentations et offres, singulièrement en ce qu’il plait à Sa Majesté recevoir le présent pais et habitans d’iceluy en sa protection et sauvegarde, sous l’autorité et domination de la Royne, dame souveraine de Béarn, et Monsieur le Prince, son fils. Protestans lesdits Estas qu’ils veulent vivre sous la dommination de leur Dame naturelle et de sa postérité et sous la protection de Sa Majesté, et notamment acceptent la déclaration de la souveraineté du pais de Béarn, faite en vostre sommation, et semblablement l’offre qu’il plait à Sa Majesté leur faire de les vouloir maintenir en leurs fors, privilèges, et libertez et les restablir et remettre en leur vigueur, au cas qu’ils se trouvassent avoir esté enfraintz, rompus ou violez. Vous proposant qu’entre autres privilèges

dans les terres, mais des Bordes d’Espoev, village sur la route de Tarbes à Pau.

et libertez, qui sont au livre de leurs fors et coustumes, est que les capitaines des chasteaux, villes et autres forteresses du pais et les magistratz et administrateurs de la justice seront tous natif du pais, joinct que la justice a esté de tout tems et est encores de présent administrée en souveraineté et dernier ressort, dedans les limites et bornes dudit pais, sans que les habitans d’iceluy puissent estre tirez hors ledit pais en jugement, par voye d’appel ne par autre quelquonque. Parquoy vous requièrent et supplient, qu’ensuivant vos présentations contenues en vostre sommation, leur accorder lesdits privilèges et libertez et autres plus amplement contenus audit livre de leurs fors et costumes, arresté et conclu par le défunt roy Henry avec les gens du pais. Et avec les conditions susdites et non autrement, les Estas se sont sousmis et sousmettent sous la protection de Sa Majesté, sans préjudice de continuer en la fidélité, obéissance et domination de ladite Dame etsadite postérité. Protestans qu’ilz aimeroient mieux mourir que se desmettre de telle fidélité et obéissance sous la protection et sauvegarde dudit sieur Roy. Signé : P . 1 Du Luger, sindic de Béarn. »

Toutes ces protestations et conditions leur furent accordées par Tarride avec jurement et acte publique. Et cela eust eu quelque apparence de sincérité, si les mesmes protestans n’eussent prattiquée et solicitée la protection, et n’eussent eux-mesmes donné commen-

1 . Bordenave a commis une erreur dans le prénom en mettant un P. — Luger se nommait Martin, c’est toujours ainsi qu’il est désigné dans les registres des délibérations des États de Béarn et dans les actes des notaires.

cernent à la guerre, [mais la desloyauté est sans aucune honte.] Cette protestation faite, Tarrideprint le chemin de Pau, pour voir la deffense que fesoient ceux de dedans, et de là alla à Lesca, où il fut receu de tous les Estas avec grands signes de joye et de contentement, [et, sans nulle forme de justice, procédure ou sentence, les Estas 1 2 ] firent donner le garrot par le borreau à J. de Lostau 8 , M. Bédat et J. Du Luc, ministres, Thomas Blanc et Benauges, les cors desquels furent après portez et jettez dedans la rivière [avec grandes risées de toute cette compagnie, qui, forcenée du désir de changer de Prince, rioit au milieu des cendres de ses concitoyens, et dançoit insencée sur le tombeau de sa propre patrie, et se mouquoit avec plusieurs brocards de la constance de ces povres gens qui ne peurent jamais estre induits d’abjurer leur croyance.] A la réquisition des Estas tout exercice de la religion 3 4 * * * réformée fut interdit [et celui de la romaine rétabli], et pour le commencement des frais de la guerre, six mille escus furent imposez sur le pais, qui furent mis ès mains de Pardies \ de Pau, qui fut créé receveur général, et l’évesque d’Oloron, surintendant des finances.

De là Tarride, après avoir envoyé sa compagnie

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