Charles de Bourbon, mort en
voir à desnaturer les cœurs superbes et audacieux; et la parenté et affinité qui font les ennemis amis et entretiennent tous autres hommes en concorde, ren- * dent ordinairement ennemis les grands et les mettent 4 , en guerre et discorde. Ainsi l’ambition des Guises leur fit oublier l’honneur de leur parentage avec les Bour- bons qu’ils hayssoient de mal de mort, non pas pour la religion, le prétexte de laquelle néantmoins ils prenoienl ; mais d’autant qu’ils pouvoient empescher plus que tous autres l’autorité qu’ils avoient [usurpée 1 2 ] sur tous les François et sus la personne du Roy mesme. L’animosité des Guises contre [les Bourbons et] tous ceux qui pouvoient traverser leur desseins croissoit tous les jours et les recerches contre ceux de la religion * réformée s’aigrissoient d’heure à autre avec des édits très rigoureux. [Et ils couvoient plus tôt qu’esclorre leur maltalent contre les Princes et se déclaroient ouvertement contre les autres et cela principalement contre ceux de la religion.] Ce qui les précipita en tel désespoir qu’ils résolurent de se présenter au Roy [à quelque prix que ce fut] et luy faire eux-raesmes leurs plaintes. Mais d’autant que le chemin jusques en sa présence estoit clos à tous, sinon à ceux à qui les Guises le vouloient ouvrir, ils pensèrent de faire par les armes telle esplanade jusques à Sa Majesté, environnée plus tôt d’une armée que d’une simple garde, que rien ne les pourroit empescher de parler à elle pour lui faire leurs doléances et lui présenter leur requeste. [Cette entreprise estoit fort hazardeuse et sujette à