‹ Histoire de Bèarn et Navarre 1517 à 1572Chapitre 66 sur 169 · On a ajouté : et pasteurs · texte numérisé non relu

On a ajouté : et pasteurs

n’y a si petit [estât auquel on ne trouve plusieurs disposez à sédition et la populasse d’elle-mesme a assez de fureur, sans qu’on l’embrase par paroles et promesses 1 ], aussi par plusieurs endroits du pais plusieurs tumultoient journellement [avec telle audace qu’il estoit aisé de juger qu’ils ne cerchoient que l’occasion d’entrer ouvertement en sédition] et quelques gentilshommes empeschoient [ou troubloient] les prédications des ministres en leurs villages. Et le 25 de décembre 4-563 à Sainte-Marie, siège de l’évesché d’OIoron, comme Pierre de Bonnefont 2 , conseiller et maistre des Requestes, et Archambaut Colomiès 3 , juge dudit OIoron, y voulurent establir la prédication du ministre, le peuple se mutina avec telle furie que les commissaires et le ministre eurent assez à faire de se sauver. Le peuple conduit par Guillemd’ Abadie*, chanoine, saisit la maison épiscopale et le temple assez forts pour battrie de mains. Ils le tindrent sept ou huict jours, mais ils furent contrains de le quitter pour ce qu’on délibéroit d’y mener le canon et de les y battre, et qu’ayant Abbadie escrit partout, nul ne se déclara en sa faveur.

1. Variante : ri y a si petit changement en un Estât qui ne soit suffisant motif pour induire la populace à sédition.

2. Pierre de Bonnefont, originaire d’OIoron, épousa Brune de Pappus ; il devint président au Conseil souverain de Béarn ; dès 1547 il était conseiller (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 1785 et 1990).

3. Nous trouvons en 1559, comme étudiant à Genève, Archambaldus Colomerius, beamensis, Samarianus, c’est-à-dire Archambaud de Colomiès, béarnais, de Sainte-Marie d’OIoron (Livre du Recteur, p. 3).

4 .• Guillaume d’ Abbadie était aussi trésorier du chapitre de Sainte-Marie d’OIoron (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 1098).

Les chef furent menez prisonniers à Pau, qui néantmoins furent relaschez sans rien souffrir, à la réquisition des Estas, qui firent grandes plaintes du bris des images, [et encore plus d’instance du restablissement de ce qui avoit esté chassé de la religion romaine]. Mais ils trouvèrent la Roine si [constante 1 2 ] qu’ils ne peurent obtenir d’elle autre chose, sinon que le tout demeureroit en l’estât qu’il estoit, attendant [si Dieu donneroit plus de connoissance au peuple et] qu’elle fut de retour de France où elle estoit contrainte de faire un voyage pour satisfaire à la volonté du Roy, qui l’en solicitoit avec grande instance. Elle laissa Antoine, seigneur de Gramont*, pour son lieutenant général en ses pais souverains.

Or les affaires de dedans ne troubloient pas seulement la Royne, et les ennemis domestiques n’assailloient pas seuls sa [constance 3 ], mais aussi ceux de dehors la poursuivoient avec plus d’animosité et de forces, car le pape Pie IV, [à l’exemple des Papes de ces derniers siècles, qui s’exemtans non-seulement de la sujettion et jugement de tous Princes, mais aussi de l’église mesme, se sont attribuez l’autorité des juges souverains sur toutes créatures et sur toutes principautez] , commença de fulminer les foudres de ses excommunications et interdits contre ladite Princesse, et [sous le faux prétexte de n’avoir 4 ] seur accès en ses terres [pour la faire citer personnellement] la fît adjourner

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