Marié à Catherine de Foix
2. Son nom est écrit Gallose dans un contrat notarié du 3 mars 1560 (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 1996, f° 132).
3. Arnaud de Case, maître des requêles en 1560 (Arch. des Basses- Pyrénées, E. 1996, f # 127).
le renvoyèrent sans rien faire, et Galosse fut expressément à Tholose remonstrer à la cour ceste exécution devoir estre faite plustôt par un bon nombre de conseillers et un président que par un huissier qui n’estoit respecté ny craint du peuple, qu’il faloit autre force et apparat pour ceste exécution qu’ils ne pensoient, car tous ne la trouvoient pas bonne et plusieurs la réprouvoient qui se mettroient volontiers en devoir de l’empescher, s’ils avoient la moindre espérance de le pouvoir faire et n’estoient retenus par la crainte des armes et le respect de la justice. Sur sa remonstrance fut donnée commission à Christofle Richard, conseiller, de se transporter sur le lieu avec le procureur général pour faire ladite saisie , ensemble l’exécution de l’arrest donné contre Béarn. Ce qu’il fit et fit abattre en Bigorre les armoiries du comte et planter celles du Roy, déposa les officiers comtals et en mit d’autres au nom dudit seigneur Roy; mais il n’osa rien entreprendre sur Béarn pour ce que les forces de Luxe ne se trouvèrent assés puissantes pour lui faire escorte. Le Parlement* despécha vers Luxe Lucas d’Urdez 1 , substitué du procureur général, pour le sommer d’exécuter promptement sa commission sur Béarn et lui offrir toute aide, secours, faveur et conseil. Luxe lui respondit lui estre impossible de pouvoir rien entreprendre sur Béarn avec ce peu de forces qu’il avoit, pour ce que les Béarnois se tenoient sur leurs gardes et avoient déjà mis garnisons aux villes et places défensables ; toutesfois si le Roy ou la dite cour lui faisoient bailler quelques compagnies de cavalerie
t. Célèbre avocat et capitoul de Toulouse.
et quelques pièces d’artillerie, il rendroit en brief Sa Majesté et le Parlement contens. D’autre costé, pour faciliter l’exécution de Luxe, le parlement de Bourdeaux fit publier un arrest par lequel estoit estroitement défendu à tous les sujets du Roy d’aller en Navarre ni Béarn pour porter armes pour le service de là roine de Navarre, et commandement aux gouverneurs, séneschaux, officiers et justiciers de Baionne, Landes, Agenois et Condommois d’aider et favorir de toutes choses Luxe pour exécuter les commandemens qu’il avoit du Roy. En ce mesme tems Moulue envoya Flamarenx 1 , séneschal de Marsan, en Béarn avec lettres au Parlement, par lesquelles il disoit avoir entendu qu’en un conseil tenu à Pau avoit esté arreslé de se défendre contre tous, chose qu’il avoit trouvée fort estrange et les prioit de faire cesser tout port d’armes, licentier toutes compagnies de gens de guerre, afin qu’il n’en avint plus grand inconvénient; comme il escrivoit aussi à Luxe de faire le mesmes, prouveu toutesfois que lesBéarnois se désarmassent les premiers.
Arros qui voyoit l’intention de Monluc n’estre autre que de désarmer finement le pays, pour donner meilleure commodité à Luxe d’exécuter sa commission, respondit à Flamarenx que Luxe et tous les autres voisins de Béarn s’estoient armés plustôt que luy, qui avoit esté contraint de faire le mesme, non pour offenser autruy mais seulement pour ne laisser en proye l’estât qu’il avoit en charge à ceux qui ne pouvoient s’estre armez que contre iceluy, outre qu’il savoit les commissions qui avoient esté despéchées
1. Renaud de Grossoles, baron de Flamarens, mort sous Henri III.
contre Béarn et les arrests qui avoient esté donnez aux parlemens de Bordeaux et de Tholouse. Flamarenx ne fut plustot de retour vers Monluc que le A de janvier 1569, à Agen, il ne fît publier une ordonnance contre lepaïs de Béarn, par laquelle (après avoir accusée la < roine de Navarre de très grande ingratitude et rébellion et l’avoir déclarée ennemie dit Roy, ensemble tous les Béarnois, sous prétexte qu’ils avoient les armes aux mains, et avoient, disoit -il, couru les terres du Roy, fait prisonniers et rançonné les François qu’ils trou voient en Béarn ou pou voient attraper dehors, combien que lors ils n’eussent molesté de fait ne de parole aucun François qui trafîquast, passast ou repassât par Béarn, et nul Béarnois fut entré avec armes en France) dit, ordonna et déclara qu’il vouloit (tels sont ses mots) que désormais et jusques à ce qu’il en seroit autrement ordonné, fut licite et permis à tous chef de guerre et à tous les sujects de Sa M. de pouvoir prendre et emprisonner tous les Béarnois qu’ils pourroient trouver aux terres de Sadite Majesté. Lesquels, dès à présent et comme pour lors, il avoit déclarez prisonniers de bonne guerre, défendant très expressément à tous lesdits sujets, résidens en son gouvernement de Guienne, de ne converser ne trafiquer avec les Béarnois, fut en marchez ordinaires ni autrement en sorte ne manière quelconque, sur peine de la vie etconfiseation de leurs biens; et mit fortes garnisons aux environs de Béarn au long de la Chalosse; et les gouverneurs de Bigorre firent venir à Tarbe la compagnie du capitaine Gohas 1 et dressèrent six compagnies de Bigordans.