‹ Histoire de Bèarn et Navarre 1517 à 1572Chapitre 93 sur 169 · Assibat de Casanabe, dit le capitaine Casabant, seigneur · texte numérisé non relu

Assibat de Casanabe, dit le capitaine Casabant, seigneur

pour advertir la Roine de l’apparence qu’il y avoit d’une révolte générale de tout le pays, pratiqué par les plus grands, qui luy faisoit doubter de pouvoir conserver autre place que Navarrenx et craignoit n’avoir assez d’hommes fidèles pour la bien fournir; toutesfois qu’à la nécessité il se jetteroit dedans avec tous ceux qu’il connoissoit estre les plus fidèles à son service, et l’avituailleroitsibien qu’elle n’auroit disette de rien de beaucoup de tems, la suppliant avoir mémoire d’eux et les faire secourir, avenant qu’ils fussent assiégez. La Royne luy respondit qu’il fit le mieux qu’il pourroit, car elle s’asseüroit de son expérience, magnanimité et fidélité, et se reposoit sur sa suffîsence et trouvoit bonne sa délibération pour la garde de Navarrenx, laquelle elle luy recommandoit sur toutes choses, s’asseurant de recouvrer par icelle tout le reste, si d’aventure l’ennemi s’en saisisoit. L’avis d’Arros estoit le plus sain qu’il eut sceu prendre en cette extrémité, mais je ne sçay comment il se laissa aller plustot au conseil d’autruy qu’au sien, car pour ne vouloir esmouvoir le peuple, et pensant par cette voye l’entretenir mieux en la dévotion de leur Princesse, il n’osa prendre aucunes vivres sus le pais, de manière que quand Navarrenx fut assiégée, il n’y avoit vivres que pour peu de mois, et lorsqu’il partait de l’avituailler, on disoit qu’il vouloit prouvoir sa tanière,

d’Espalungue (Arcli. des Bafcses-Pyrénées, E. 1858 et 2o04). Il y eut aussi un autre capitaine dorit le nom a une grande similitude avec le précédent, c’est. Pierre Chassevant, capitaine à Navarrenx, marié d’abord à Hélène Du Sérer, de Bordeaux, puis à Catherine de Forcade, de Dognen; il testa le 3 mars 1582 (Arch. des Basses-Pyrénées, E. 1636, f° 665).

rie se souciant du reste du païs; et s’iL parloit de faire teste à l’ennemi, s’estoit tenter Dieu etvouloit mettre 1 le peuple à la boucherie, et mettre tout le païsenproye et à la discrétion d’un si puissant ennemi, lequel, disoient-ils, il faudroit appaiser plustot qu’irriter, lui aquiescer que résister et essayer de tirer de luy quelques bonnes conditions, puis qu’il ne vouloit entrer au païs que pour le prendre en protection et le garder à la Roy ne et à ses enfans. C’estoit l’avis de la plus grande partie des meilleurs, mais qui procédoitde timidité plustot que d’infidélité. Quelques autres, mais en petit nombre, disoienl la protection prétendue estre seulement pour tromper le peuple et donner quelque spétieux prétexte à l’injustice de l’usurpation qu’on vouloit faire. Qu’il failoit donques prou voir de bonne heure aux affaires et avant qu’on eut sur les bras l’armée qui devoit entrer, laquelle pour certain rendroit non pas seulement difficile mais du tout impossible ce qui maintenant estoit encores aisé. Que le plus assuré estoit, voyant la mauvaise volonté du peuple, se deffaire de ceux qu’on sçavoit estre les séducteurs des autres et punir exemplairement quelques uns des plus hupés, et 1 envoyer quelques troupes pour prendre des vivres, lesquelles il faudroit plustot brusler que les garder entières à l’ennemi, lequel trouvant plus de provision sur les lieux, auroit aussi plus de moyen de nuire et de faire plus long st^our sur le païs. Que ceuxlà se trouveroient tousjours trompez qui pensoient entreteriir le peuple, esbranlé à sédition, par paroles ou douceur, à quoi le meilleur remède estoit une prompte

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