‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 105 sur 160 · On a ajouté : prétendue · texte numérisé non relu

On a ajouté : prétendue

4. Pierre de Pardies, collecteur de la « donation » faite par lo Béarn à Tarride (Archives des Basses-Pyrénées, B. 258, f* 1). 11 devint commis d’Auger de La Roze, trésorier général (mémo dépét, B. 148. f" 12).

d’hommes d’armes pour reconnoistre Navarrenx, revint voir ceux de Pau qui se défendoient tousjours bravement et tirent mourir plusieurs des assiégeans, avant de vouloir recevoir composition quelquonque. Mais estans arrivées trois grosses pièces, n’ayans munitions nécessaires pour soustenir un long siège ni espérance d’estrc secourus, estans sommez de nouveau, mirent dehors deux des gens du conseil pour parlementer; l’endemain la ville se rendit et receut la protection, suivant les conditions faites par les Estas, et leur fut promis que la ville ne seroit pillée, ny les habitans, de quelque religion qu’ils fussent, faschez ne molestez, que les estrangers se retireroient la part où ils voudroient hors du pais avec les armes et bagage. Touchant les ministres, qui estoient sezc en nombre, [personne ne se fourmalisa pas beaucoup pour eux.] Ils eurent [donques] par toute composition qu’ils seroient reserrez en une chambre du chasteau, attendant ce qu’il plairoit au roi de France ordonner estre fait d’eux. [Cependant jasoit que tout ce que leuravoit esté promis ne fut pas gardé aux habitans, sy est ce que pour lors les ministres n’eurent autre mal ; mesmes, par unmiracle de Dieu, Pierre Viret 1 , duquel mille fois ceux qui entrèrent avoient juré la mort et l’opprobre de sa famille, fut tellement respecté qu’il n’y eut homme d’autorité en l’armée, jusques Tarride mesmes, qui ne le visitast et honnorast, et lui fit Dieu cette grâce que, sans perdre jamais de veue sa famille,

t. Né à Orbe (Suisse) en 1511, mort en 1571. Son testament, daté de Pau en 1571, est conservé aux Archives des Basses-Pyrénées (E. 2001, f° 1); il a été publié dans le Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme français, XIV, p. 297.

il fut fidellc tesmoin de la pudicité d’icelle. Les familles des autres furent mises dehors et eux mis en la prison des criminels par le sieur de Peyre, establi gouverneur de la ville.] Plusieurs se malcontcntèrent de la composition de Pau, pour cequ’ils ne la pouvoient saccager, tout ainsi qu’ils avoient fait Nay. Sur tous les autres Luxe fut le plus fasché, qui voyant que quelques uns y estans entrez, sous ombre de faire observer la capitulation, prenoient là dedans ce qui plus leur plaisoit et arrestoient prisonniers ceux qu’ils vouloient, s’irrita tellement qu’il s’en alla avec ses Basques. Quelques Gascons mirent le feu aux fauxbourgs et les compagnies des capitaines Lisos et Baudian, ayans demande congé à leurs capitaines, la corde sur la serpentine 1 , s’en allèrent, comme firent aussi maintes troupes de Gascogne qui estoient plus venues en Béarn pour desrober que pour combattre. La condition de ceux de la religion* réformée, qui déjà estoit fort misérable, fut lors du tout déplorable, car ils estoient 3 exposés à la discrétion de [l’enragée 4 ] populasse, et [à l’avarice, insolence, cruautez et lubricité] des gens de guerre [qui, avec toute liberté et impunité, les tourmentoient en leursbiens et personnes.] Toutesfois maints se garentirent aux maisons des sieurs de Gramont, du viscomte de Labedan et de Bénac, [et les sieurs de Campagne 5 et de La Motte- Gondri n * firent beaucoup de biens à plusieurs qui se retirèrent

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