Lembeye
les chef des complots. Il fut publié, mais nul des absens se retira pour cela, ains uu contraire ils s’animoient d’avantage. La cause qui les entretenoit en cette mauvaise volonté et leur faisoit ainsi mespriser la grâce que la Roine leur présentoit, estoit l’espérance qu’ils avoient que Monluc, auquel le roi de France avoit très expressément commandé d’assaillir Béarn, les mettroit bien tost dedans et en déchasseroit les autres, et ainsi non seulement ils se promettoient l’entrée de leurs maisons, mais aussi fesoient estât de tous les biens de ceux qui portoient les armes contre eux, comme s’ils les eussent déjà en leurs mains. Cette mesme espérance fit de rechef révolter les Navarrois, et Luxe escrivit le 1 2 de juillet aux jurais de la valée de Barétous que le roy de France avoit trouvé mauvais qu’il eut fait accord avec ses ennemis et lui avoit commandé de recommencer la guerre mortelle à tous les Béarnois. Parquoy il leur commandoit de mettre dehors de leur valée tous les soldats qui portoient les armes pour la roine de Navarre contre ledit seigneur Roy, et les sommoit de se remettre incontinent sous sa protection. Et pour intimider mieux le peuple, leur mandoit que dedans peu de jours ils verroient de plus grandes et plus cruelles exécutions qu’ils n’avoient encore fait. Il escrivit aussi à Elisséry' qu’à ce coup le Roy avoit bonne volonté de les revancher et qu’il avoit très expressément commandé à Monluc d’exécuter Béarn, ce qu’il feroit bien tost, et en peu de jours il s’asseuroit qu’ils boiroient du bon vin clairet de Lagor *, et cela