‹ Histoire de Béarn et NavarreChapitre 148 sur 160 · Ludovic de Nassau, mort en · texte numérisé non relu

Ludovic de Nassau, mort en

plus d’estre témoins de tant d’impiétez et meschancetés des leurs propres, s’asseuroient de voir, par ce mariage, quelque heureuse fin aux calamitez de la France et quelque relasche aux souffrances du misérable peuple et plus grande liberté à la religion 1 réformée. La Roine ne vouloit leur desplaire ne leur estre à contredire, car ils la menaçoient- à toute heure de l’abandonner et l’accusoient de vouloir estre cause des maux qui, à l’advenir, aviendroientà la France, qui ne pourroit trouver autre médecine si propre pour la guérir de la maladie mortelle que les guerres civilles lui avoient causée , ne sa religion une plus forte colonne pour le bien estançonner en ce Roiaume que ce mariage, ne rien qui deut tant lever les deffîances que les choses passées avoient engendrées entre le Roy et ceux de la religion *. A quoy le Roy, disoient-ils, sembloit regarder en la poursuite de ce mariage plus qu’à toute autre chose, car il disoit ordinairement qu’il vouloit marier le presche avec la messe et rassembler en un cors son peuple disuni , faisant une mesme armée de catholiques et de huguenots.

Mais quelques autres, non pas en si grand nombre ni de telle qualité queles premiers, lui représentoient que les,loix humaines et divines vouloient que les enfans fussent mariez parle conseil et advis de leurs pères et mères, qui dévoient donner mari ou femme à leurs enfans ; que Sa Majesté devoit donc regarder non pas tant au bien qui sembloit en apparence devoir réussir de ce mariage, qu’au mal qu’infaliblement suivroit la

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