‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 153 sur 286 · Manche, arr. Avranches · texte numérisé non relu

Manche, arr. Avranches

2. La liste donnée par d'Argentré, qai comprend cinquante-quatre noms, ebt trop complète pour que Thistorien breton, en la dressant, n'ait pas eu sous les yeux une montre du temps.

tachements fournis par les principales garnisons anglaises, tant de Bretagne que de Basse-Normandie, et, une fois qu'il a reçu ces renforts, il tombe à Timprovisle sur les Français. La rencontre a lieu vers la fin de 1359 % au Pas d'Évran *, sur les bords de la Rance, entre Dinan et Bécherel. Bertrand n'a qu'une poignée d'hommes. C'est la première fois, depuis qu'il fait la guerre, que Ton a réussi à le surprendre. Furieux de se trouver ainsi en défaut, il se débat comme un sanglier aux abois ; et ses compagnons, électrisés par l'exemple de leur chef, engagent contre un ennemi trop supérieur en nombre une lutte aussi acharnée qu'inégale. Beaucoup succombent dans cette lutte. Bertrand, désespéré, voudrait ne pas survivre aux siens ; il va pour ainsi dire au-devant des coups et semble chercher la mort : tous ces efforts sont vains. Il a affaire à des aventuriers pour qui la guerre est avant tout une industrie, et ces brigands n'ont garde, en immolant le capitaine de Pontorson sous leurs coups, de se priver de la rançon qu'on peut attendre d'un captif de cette importance. Du Guesclin est fait prisonnier, ainsi que Bertrand de Saint-Pern, par un Anglais qui, naguère, avaitpris part au combat des Trente, Robin de Adez% l'un des capitaines de Lingèvres et de

1. Hay du Chastelet rapporle l^aflaire d'Évran à l'année 1351 {Hist. de du Guesclin, p. 15) ; mais, outre que cet auteur n'a pas le moindre souci de la chronologie, nous lisons dans une chronique, terminée vers le milieu du règne de Charles V, que la défaite de du Guesclin à Évran eut lieu dans le môme temps que celle de Regnaut de Gouillons, capitaine de Paris, à Étréchy en Beaucc (Bibl. Nat., mss. fr. n' 4987, f" 77). Or, il résulte de lettres de rémission accordées par le régent en mars 1360 (n. st.) que réchec de Regnaut de Gouillons est de la fin de 1359 ou des deux premiers mois de 1360. Arch. Nat., scct. hist., JJ 90, n" 492.

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