‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 182 sur 286 · Bertrand d'ArgenIni, Hist. de Bret,^ 3* éd., p · texte numérisé non relu

Bertrand d'ArgenIni, Hist. de Bret,^ 3* éd., p

2. C'est le 13 janvier 1361 que Pétrarque complimenta le roi Jean et lui remit cea anneaux en présence de Pierre Bcrsuire, traducteur de Tite- LÎTe, et de quelques autres savants personnages. L'envoyé de Galéas arriva 4onc à Paris à la fln de décembre ou dans les premiers jours de janvier. Il se remit en route pour Tltalie dès le commencement de février, car le 27 de ce mois il adressa une lettre à Bersuire, datée d'une auberge des Alpes. Mémoires préêenlés par divers savants à V Académie des inserip^ lions, deuxième série, t. UI, p. 224 et 225.

3. « Normannonim ducem, ardentissimi spiritus adoUscentem, » Petrarcœ epist, famiL, éd. Fracassetti, vol. HI, p. 159.

4. « Noscc mihi videor régis adolescentis canum et seniUm animum ac prsecipuam quamdam urbanitatem linguœque modestiam magnis mihi olim in rébus expertam. » Pelrarcœ opéra, éd. Bas., p. 844; epistols seniles, 1. IX, ep. 1. — Ces lignes, qui méritent de rester comme l*arrét définitif de r histoire sur la régence du dauphin Charles, l'immortel patriote italien, il importe de le faire remarquer, les écrivait en 1368, au moment où il était le plus irrité contre Charles V qui voulait empêcher le pape Urbain V de reporter le Saint-Siège à Rome. On comprend combien noai sommes heureux, nous qui avons été conduit aux mômes conclusions par l'étude patiente des faits, de pouvoir nous autoriser d'un jugement aussi flatteur porté dans les conditions les moins suspectes par Tun des plus grands esprits du quatonième siècle.

de lui le guerrier dont Tépée va bientôt déchirer le traité de Brétigny et relever la gloire militaire de la France. Le roi Jean, qui aime les braves, fait à Bertrand l'accueil le plus flatteur. Il promet de lui donner six mille royaux, pour l'aider à payer sa rançon. Il se propose d'assigner cette somme, partie sur la chàtellenie de Saint-James-de-Beuvron , partie sur les possessions du duc d'Orléans dans le Cotentin , partie sur la terre de l'abbé du Mont-Saint-Michel '. Mais il faut que le frère du roi donne d'abord son consentement à cette combinaison, et c'est pour solliciter ce consentement que Bertrand, au printemps de 1361 , fait un voyage à Londres où se tient alors le premier prince du sang, l'un des otages du traité de Brétigny.

Un autre otage de ce traité se dispose à venir passer environ deux mois en France : c'est Louis, duc d'Anjou, auquel on octroie, le 4 février, des lettres de sauf-conduit, tant pour lui que pour Jean de Saintré, son sénéchal, et Jean Haucepié, son secrétaire'. Ce voyage du duc Louis concorde parfaitement avec la date où nous rapportons Taffaire du pont de Juigné. Comme l'Anjou et le Maine viennent de perdre, par la défaite, par la captivité de du Guesclin, leur principal défenseur, on comprend sans peine que le duc éprouve le besoin de visiter ces malheureuses provinces et de mettre ordre à ses affaires:

Quoi qu'il en soit, la démarche du vaincu du pont de

1. V. le n* XXIV des pièces justificatives. Le mandement adressé par Jean II à ses généraux trésoriers, au sujet du paiement de ces six mille royaux d'or, est du 14 juin 1361 ; mais, comme le duc d'Orléans et Pabbé du Mont-Saittt-Michel contribuent avec le roi de France à fournir la somme dont il s'agit, les premières démarches de Bertrand, qui ont abouti à cette combinaison, doivent être antérieures do plusieurs mois au mandement lui-même.

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