‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 184 sur 286 · BERTRAND DO 00B8CLIN. I · texte numérisé non relu

BERTRAND DO 00B8CLIN. I

pas à renvoyé d'Edouard son mécontentement et se plaint avec amertume de Toccupation persistante des Compagnies anglaises» Les quelques garnisons qui ont consenti, à prix d'or, à vider certaines forteresses de Basse-Normandie ou du comté d'Âlençon, Barfleur, le fort Graffart, Saint-Vaast *, Domfront, Messei, Condé, te Bois-de-Maine*, ont reftué vers le Haut-Maine et l'Anjou. On signale déjà la présence du fameux Jacques Plantin à la tour de Pirmil, dans le Maine. Une bande d'Anglo-Gascons a jeté son dévolu sur le prieuré de Cunault, entre Angers et Saumur. Robert Markaunt vient de s'abattre sur Vendôme. Maîtres delà Beauce, ces brigands menacent Chartres et interceptent les communications avec Paris. Tant de sacrifices, loin de supprimer le mal, n'ont servi qu'à le déplacer.

Lassé d'adresser à Edouard des réclamations inutiles, le roi Jean se décide, vers la fin de 1361, à se faire justice lui-même. Il met sur pied une petite armée destinée à combattre les Compagnies anglaises. C'est alors qu'il assigne à du Guesclin huit mille livres tournois', somme considérable pour le temps, qui permet au chevalier breton de prendre à sa solde, du 18 octobre 1361 au 25 janvier suivant, quatre cents hommes d'armes ou archers. Robert, sire de Fiennes, connétable de France, qui revient d'un voyage en Languedoc, est mis à la tête de cette expédition dont font également partie Charles

1.' Delislej Hist. du château de Saint-Sauveur'le'Vicomtey p. 120.

2. En vertu d'un arrangement conclu le 11 mars 1361 (n. 8t.) entre Jean. Chandos et Louis de Harcourt, Thomas Doudalle, Thomas Fogg, chevaliers, et Robert RufOn, capitaines de ces quatre dernières forteresses et de quelques autres moins importantes^ s*engagérent à les évacuer moyennant 20000 écus d'or pour l'évacuation immédiate (x**21, ^• 73 v» à 75) et en outre 245 réaux d*or pour les arrérages des rançons (x'» 20, ^• 378 à 380).

3. V. le n" xxxnr des pièces justificatives. Cf. Bibl. Nat., Titres origi-nauœ, notice imprimée sur du Guesclin.

d'Artois, comte d'Eu, Charles, comte d'Alençon, et Baudouin de Lens, sire d'Annequin, matire des arbalétriers,* vieil ami de Bertrand avec lequel il a naguère organisé des joutes à Pontorson. Enfin, Philippe d'Alençon, archevêque de Rouen, et Jean Royer, promu depuis quelques mois à l'évêché de Meaux, après la mort du savant et ingénieux Philippe de Vitry, accompagnent aussi les troupes en qualité de négociateurs ^

L'objectif de l'expédition est d'abord Brezolles, importante forteresse, située dans le Perche, un peu à l'ouest de Dreux, et occupée par une garnison d' Anglo-Gascons qui désolent cette région si fertile. Tandis que le gros des forces françaises, sous les ordres de Robert de Fiennes, s'avance par Dreux oii un acte signale la présence de Baudouin d'Annequin le 2 novembre *, du Gués-, clin, qui est allé à Pontorson rassembler sa compagnie le gens d'armes, se met en marche pour opérer sa jonction avec le corps principal. En faisant route des forteresses de l'Avranchin vers Brezolles, il apprend que plusieurs Compagnies anglaises, qui se sont réunies pour le pillage, sont campées à Briouze *, gros bourg du comté d'Alençon dépourvu de fortifications. Il n'a garde de laisser échapper une si bonne aubaine. II foudroie, par la soudaineté de son attaque, ces bandes de maraudeurs. Il a chevauché si vite qu'une partie de ses gens n'a pu le suivre, et en si grand secret, qu'il est parvenu à dérober ses mouvements jusqu'au moment où l'ennemi le voit apparaître. Une centaine de prisonniers tombent entre ses mains, entre autres Hoppequin Dierre, capitaine de ces brigands *.

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