Chronique des quatre premiers Valois, p
ils redoutent avec raison les excès*. Les Bretons de du Guesclin sont arrivés avec des dispositions hostiles aux Navarrais contre lesquels ils sont accoutumés à guerroyer sur les frontières du Cotentin et de TAvranchin. Ce refus les exaspère, et ils nourrissent dès lors des projets de vengeance. Toutefois, l'entente est complète outre les habitants et les seigneurs français qui, le 24 mars, jour de Pâques, font à Mantes leurs dévotions. Le lendemain, chefs et soldats vont mettre le siège devant le donjon de Rolleboise. Wauter Strael ne perd pas la tôte. Il fait une sortie et intercepte un convoi de vivres destiné aux assiégeants. Le 4 avril, le duc de Normandie mande à Jean de Lyons, son maître de Tartillerie, d'expédier certains engins et certaine quantité de trait à du Guesclin « qui est à présent devant Rolleboise '. » Quand on a reçu les munitions et les machines de guerre que Ton attend, on donne un assaut général. Bertrand et le comte d'Auxerre s^élancent à Tattaque du pont, et peu s'en faut qu'ils ne s'en emparent. Toutefois, la nuit survient avant qu'on ait réussi à forcer l'enceinte. Sur ces entrefaites, arrive au camp des assiégeants Boucicaut, maréchal de France, porteur d'un message que le duc de Normandie adresse à du Guesclin. Ce message
1. « El s'assemblèrent à Mante les seigneurs, mais leurs gens n'y entrèrent pas. » Ibid.j p. 138. — Ce témoignage du plus exact des chroni queurs de cette époque, pour tout ce qui concerne la Normandie, ne permet pas d'fljouterfoi au passage suivant du mémoire justiflcatif que le roi de France fit remettre en 1364 au pape Urbain V : « Les genz du roy ne peurent onques estre receuz ne soustraitié en la ville de Mante que tenoient lors les genz du roy de Navarre. » Secousse, Preuves de Phiatoire de Ckarleê le Mauvais ^ p. 204. — Dès l'instant où les bourgeois de Mantes avaient fait preuve de bonne volonté et môme de courtoisie en laissant entrer les cbefs, Charles V n'était pas fondé à faire un caaus belli à des sujets du roi de Navarre de n'avoir pas voulu héberger toute uue armée de simples soudoyers.