Sein^-etrOise, arr. Mantes, c. Magny
428 CHAPITRE Xm.
la tête d'environ deux cents hommes d'armes pour relancer les fuyards dans leur dernier refuge*. Les assiégés opposent la résistance la plus vigoureuse et renversent dans les fossés les échelles, à mesure qu'on les applique à leurs murailles. Pendant qu'on donne l'assaut, les bourgeois de Mantes fugitifs ont soin de s'approvisionner de vivres dans le donjon où ils se sont mis en sûreté. Mais bientôt le baron de la Ferté, Baudouin d'Annequin, maître des arbalétriers, Jean de Béthencourt, Jean de la Rivière, viennent cerner Meulan par la rive gauche, tandis que Bertrand attaque cette ville par la rive droite ^ Se voyant ainsi assaillis de tous les côtés à la fois, les assiégés prennent peur et se décident à ouvrir leurs portes aux Français. Meulan subit le même sort que Mantes, et les maisons sont mises au pillage. Ces brigandages, honteux pour les deux chefs qui les tolèrent, dégradants pour les gens d'armes qui s'y livrent, ne contribuent pas peu & accréditer le dicton qui a cours pendant la seconde moitié du quatorzième siècle, et d'après lequel Breton et pillard sont deux mots synonymes.
Le lendemain de la prise de Mantes, dans la nuit du 8 au 9 avril, Jean est mort à Londres, laissant la couronne et le royaume à son fils atné. La France vient de perdre un chevalier, mais elle gagne un roi. Le duc de Normandie , devenu le roi Charles Y, se rend vers la mi-avril sur le théâtre des opérations. A son passage à Meulan, il est insulté par les Navarrais réfugiés dans le donjon , qui lancent des pierres sur son
1. Chronique des quatre premiers Valois, p. 140. On voil que, d*apré« ce chroniqueur dont les actes permettent de constater Texactitude pour tout ce qui se rapporte à cette campagne, les Français auraient mis le siège devant Meulan vers le 11 avril.