‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 227 sur 286 · bid., p. 143 et · texte numérisé non relu

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mépris la brutalité mise au service de la rapine, la force assez lâche pour écraser la faiblesse inoffensive.

Du Guesclin est allé au-devant du nouveau roi jusqu'à Pontoise et raccompagne partout dans ce voyage. Le 17 avril, il est présent au château du Goulet', près de Vernon, lorsque Charles V donne à un écuyer de Dol, nommé Jean le Bouleiller, en récompense des services rendus par ledit écuyer à la prise de Mantes, une partie des biens de Jacques le Prestrel, l'un des partisans du roi de Navarre réfugiés dans le donjon deMeulan*. Le même jour, Bertrand reçoit de la reconnaissance de son souverain le titre de chambellan, titre très-envié, alors môme qu'il est comme ici purement honorifique, parce qu'on le donne seulement aux grands seigneurs admis à une auguste intimité. Le roi reprend ensuite le chemin de Paris. Le 20, il est de passage à Pontoise où deux chevaliers bretons qui lui ont fait la conduite^ Éven Charruel et Hervé de Juch, sollicitent et obtiennent la grâce d'un partisan du roi de Navarre, nommé Guillaume Berout Taîné, dans la maison duquel ils ont logé lors de la prise de Mantes et dont Charles V leur a donné les propriétés*. Les donations faites le 23 à Lyon du Yal\ h Lucas de Maillechat", écuyers, et le 24 & du Gués-

1. Ce château était situé au milieu du cours de la Seine^ dans Tlle aux Bœufs dépendant aujourd'hui de Notre-Dame-de-risle (Eure, arr. et c. les Andelys), en face d'un hameau du môme nom. Philippe Auguste avait fait raser en 1202 cette forteresse construite quatre ans auparavant par Richard Cœur de Lion. Charles, duc de Normandie, y reb&tit un chftleau pour sa femme la pieuse Jeanne de Bourbon, qui affectionnait beaucoupjcetle résidence, en été surtout, à cause de la proximité des sanctuaires vénérés des Andelys et de Notre-Dame de Montfort, ainsi que du voisinage des reines Blanche et Jeanne qui habitaient Vemon.

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