‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 73 sur 286 · Dom Morice, Preuves, 1. 1, col · texte numérisé non relu

Dom Morice, Preuves, 1. 1, col

6. Rymer, vol. III, p. 291. Cf. dom Morice, Preuves, t. I, col. 1495 et

lités recommencèrent entre le roi Jean et Edouard. Toutefois, l'orage n'éclata d'abord que sur la France, et il semble que la Bretagne fut épargnée. En octobre et novembre, le roi d'Angleterre et le prince de Galles son (ils envahirent, le premier l'Artois, le second le Languedoc. Dès le commencement de cette année, le* roi Jean, craignant une attaque du côté de la basse Normandie sur les frontières de Bretagne, y avait envoyé comme lieutenant, en remplacement du sire d'Audrehem appelé en Artois, Jean, sire deHangest, avec cinq cents hommes d'armes et quatre cents archers. Pierre de Yilliers, capitaine de Pontorson, Denisot Haudri et Guillaume Chappedelaine avaient été commis à recevoir les montres des gens d'armes enrôlés pour cette expédition ^ Des mesures plus énergiques encore furent prises dans les premiers mois de 1356. Ordre fut donné de prélever sur le produit des gabelles et des subsides de guerre, dans les bailliages de Gaen et de Cotentin, quinze mille écus d'or pour le payement de deux mille hommes d'armes et de mille archers établis es frontières de Normandie et de Bretagne sous Jean, sire de Hangest, lieutenantdu roi, etPierre de Yilliers, capitaine de Pontorson'. L'arrestation tragique du roi de Navarre au château de Rouen, le 5 avril suivant, vint tout à coup donner un autre cours aux forces qu'Edouard III se disposait, de son côté, à envoyer en Bretagne. Le duc de Lancastre était sur le point de mettre à la voile, pour aller enfin, en compagnie du comte de Montfort, prendre possession de sa lieutenance dans le duché, lorsqu'à la demande de Philippe de Navarre il eut ordre de descendre en Nor-

1. Bibl. Nat., dép. des mss., QuiUanceSj t. IX, n* 321 (quittance du 15 avril 1355). V. le n* viu des pièces justiflcatives.

2. Ibid., t. IX, n* 522 (quittonce du 24 février 1356-n. st.).

mandie, où il débarqua dans les premiers jours de juin avec cinq cents hommes d'armes et huit cents archers. Outre un renfort de cent lances fourni par Philippe de Navarre et Godefroi de Harcourt, Robert KnoIIes vint rejoindre, à l'abbaye de Montebourg, le lieutenant d'Edouard, et lui amena de Carentoir, en Bretagne, trois cents hommes d'armes et cinq cents archers. A la tète de cette petite armée, le duc se mit en marche le 22 juin, obligea les Français commandés par Robert d'Houdetot à lever le siège de Pont-Audemer, pilla Yerneuil, et après avoir échappé à la poursuite du roi Jean qui l'attendait à Tubœuf avec des forces très-supérieures, regagna le Cotentin et revint à son point de départ dès le 13 juillets Le roi de France assiégeait la forteresse navarraise de Breteuil qui se rendit & la fln de la première quinzaine d'août, lorsqu'il reçut la nouvelle de la marche victorieuse du prince de Galles à travers le Périgord, le Limousin et le Berry. Le but du prince était de faire sa jonction avec le duc de Lancastre; mais le roi Jean, en se portant avec toutes ses forces à la rencontre de l'envahisseur, arriva à temps pour l'empêcher de passer sur la rive droite de la Loire. Le duc de Lancastre, de son côté, s'était mis en marche pour rejoindre le prince de Galles. Nommé de nouveau, le 8 août', lieutenant d'Edouard et du comte de Montfort en Bretagne, il avait quitté la basse Normandie et s'était avancé à travers le Maine et l'Anjou; à cette expédition se rattache sans doute, quoique les chroniqueurs n'en aient rien dit, la prise de Domfront, de Messei et de quelques autres forteresses qu'on sait avoir été occupées par les Anglais dès

1. Robert de Avesbury, p. 246 à 251. Cf. Cfironiqueê de J. Froissart,

t. IV, p. LITII à LZXI.

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