‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et de son époqueChapitre 98 sur 286 · Arch. Nat., sect. hist., JJ8b, n* 115, (' W · texte numérisé non relu

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de Lancastre à renoncer à son entreprise, n'aient été envoyés sur les pressantes sollicitations du duc de Bre* tagne'. Aussitôt que Charles de Blois apprit la levée du siège de Rennes, il se rendit dans cette ville pour remercier le gouverneur et les bourgeois de leur fidélité et les féliciter de leur résistance vraiment héroïque. S'il faut en croire Cuvelier, le rôle glorieux qu'avait joué du Guesclin soit en harcelant les Anglais au début du siège, soit en s'enfermant plus tard dans la place pour la défendre, lui valut un témoignage de satisfaction particulière. Pour témoigner sa reconnaissance à Bertrand et l'indemniser des dépenses qu'il avait faites, Charles lui aurait donné en toute propriété la seigneurie de la Roche-Derrien'dans le comté de Penthièvre. Nous devons dire toutefois que cette assertion du trouvère picard soulève une objection assez grave. Nous avons un certain nombre d'actes émanés de du Guesclin et très-peu postérieurs au siège de Rennes. Dans aucun de ces actes, notre héros ne s'intitule sire de la Roche-Derrien. Il y a donc lieu de douter que la donation de cette seigneurie ait été faite par Charles de Blois à Bertrand, du moins à cette date. Leduc de Lancastre, malgré le succès de sa ruse, n'en avait pas moins subi devant Rennes un véritable échec. Lui qui passait pour le plus grand homme de guerre de son temps, que l'on considérait comme le maître et l'inspirateur d'Edouard IJI lui-même', il avait assiégé pendant neuf mois une ville qui n'était pas une forteresse de premier ordre, sans pouvoir la prendre. Aussi fit-il

t. « Pour lors vint Charles de Blois & Paris pour avoir secours à lever le siège de Renés ; mais il failli pour la discordance qui fu entre le conseil du roy et du duc et des trois estas. » Chronique des qiuitre pr&niers Valois, p. 59.

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