Bibl. Nat., nus. fr., n' 20691, f" 667 et 670 v
siècle, ignorant ces faits ou en méconnaissant la portée, ont reproché au dauphin comme une faute son voyage à Metz'!
Si l'entrevue de Metz avait eu Theureuse issue qu'on vient de voir, l'honneur en revenait principalement au souverain pontife, qui, à la première nouvelle du désastre de Poitiers, avait écrit à l'Empereur en faveur des vaincus, et bientôt môme avait dépêché un légat auprès de Charles IV pour lui recommander le jeune dauphin *. Quand on étudie le pontificat d'Innocent VI d'après les actes les plus dignes de foi, on est amené à faire justice de bien des calomnies. Préoccupé exclusivement des intérêts matériels du clergé, avare, faible, crédule, ignorant, vendu à la cour de France, c'est sous ces traits défavorables que le successeur de Clément VI nous apparaît dans la correspondance de Pétrarque* et en général dans les récits des chroniqueurs italiens *. Il fallait être étrangement aveuglé par l'esprit de parti pour apprécier ainsi un pape qui, à défaut de génie, sut bo-
1. « On ne saurait, dit Sismondi {Hist. des Français j t. X, p. 484), signer à ce voyage aucun motif politique. » M. Michelet, avec Pintuition souvent merveilleuse qui le caractérise, est un peu moins sévère {Hist, de Francey t. III, p. 382) : ■ Le dauphin était pendant ce temps à Metz pour recevoir son oncle Pempereur Charles IV; triste dauphin, triste empereur, qui ne pouvaient rien Tun pour Tautre. » Mais M. Henri Martin (Hist. de France^ éd. de 1839, t. V, p. 509) renchérit encore sur Sismondi : ■ Quoi quMI en soit, on ne conclut rien à Metz, et la situation de Paris et de la France s*aggrava pendant le voyage intempestif du lieutenant du roi. •