Chroniqui i. Voyez plue
f de J. Froimarl, t. ni, p. I haut, chap. m, p. 60 et 61.
fonde : Tarinée anglaise s'écoula comme ces torrents formés par des pluies d'orage qui dévastent un instant la surface, sans atteindre le fond môme d'un pays. La peste de 1348 produisit des effets plus terribles. L'Avranchin et le Cotentin ne furent pas moins éprouvés que les autres parties de la Normandie et les diverses provinces du royaume. Toutefois Tarrestation du roi de Navarre à Rouen, le mardi 5 avril 1356, et l'exécution de Jean, comte de Harcourt, sont les deux faits qui inaugurent pour la Basse-Normandie la période la plus malheureuse peut-être qu'elle ait jamais traversée.
Au moment où se passa la tragique scène de Rouen, les Navarrais avaient une position très-forte en Basse- Normandie où le traité de Mantes, conclu le 22 février 1354, avait cédé à Charles le Mauvais le clos de Cotentin, les vicomtes de Valognes, de Coulances et de Carentan, avec toutes leurs dépendances *. Le château de Cherbourg, si important pour assurer les communications avec la mer, était compris dans cttte concession. Du chef de Jeanne de France sa mère, fille unique de Louis le Hutin, le roi de Navarre tenait en outre le comté de Mortain* avec Avranches et Gavray. A la date du traité de Valognes, le 10 septembre 1355, des garnisons navarraises occupaient Cherbourg, Gavray, Mortain, Avranches et Carentan '.
1. Secousse, Preuves des Mémoires sur Charles II, roi de Navarre, p. 33.
2. En vertu d*un traité conclu, le 27 mars 1317, entre Philippe le Long et Eudes IV, duc de Bourgogne, Jeanne, fille de Louis la Hutin, reçut, en échange de Tabandon de ses droits sur les comtés de Champagne et de Brie, les comtés d'Angoulême et de Mortain. Preuves des Mémoires sur Charles //, roi de Navarre j p. 33.
3. Un article du traité de Valognes réservait seulement au roi de France la nomination du châtelain de ces cinq forteresses « lui tiers, ooltre les genz qui y sont ou seront de par nous roy de Navarre • Preuves de VhiS'
BBRTRAND DU GUESCLN. 1—17
A la nouvelle de Tarrestation de son frère , Philippe de Navarre jeta feu et flamme; il se ligua aussitôt avec Godefroi de Harcourt, le grand vassal rebelle qui, après avoir amené en 1346 les Anglais en Normandie et s*ôtre réconcilié ensuite avec le roi de France, se mit de nouveau en révolte ouverte contre son souverain pour venger le supplice du comte de Harcourt, son neveu, et de ses amis. Fils de Jean III de Harcourt, et d'Alice de Brabant, frère de Jean IV de Harcourt fait comte en 1328 et tué à la bataille de Crécy, oncle de Jean V, comte de Harcourt et d'Aumale, décapité à Rouen le 5 avril 1356, Godefroi dit le Boiteux était le seigneur le plus puissant de cette région de la Basse-Normandie qu'on appelait au moyen âge le clos de Cotenlin. De Portbail* et d'Olonde*, où commencent les bas-fonds de la Sansurière, sur la côte occidentale de ce pays, jusqu'aux relais de mer de Brucheville *, sur la côte orientale, s'étend le long du cours de la rivière d*Ouve une ligne non interrompue de marais, recouverts d'eau pendant la mauvaise saison, qui donnait et donne encore aujourd'hui en hiver, à la partie septentrionale du diocèse de Coutances, l'apparence d'une presqu'île : c'est cette presqu'île que les chroniqueurs du quatorzième siècle désignent presque toujours sous le nom de clos de Cotentin. Godefroi de Harcourt en tenait les clefs par ses seigneuries de Saint-
toire de Charles le Mauvais^ p. 582 et 583. Le lexle de ce traité a été publié par dom MarteDe, Thésaurus novus Anecdoiorum, t. I, col. 1401 à