‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 114 sur 291 · Manche, arr. Valognes · texte numérisé non relu

Manche, arr. Valognes

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?. ]b:uer. toI. m. p. 333.

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du plat pays, surtout ceux qui habitaient les confins du Bessin et du Cotentin, en proie à une véritable panique, accouraient se réfugier dans les villes fermées; on fortifiait même les églises, dans les cités aussi bien que dans les simples villages. Il y avait dans la cathédrale de Bayeux une garnison de six écuyers, de cinq archers à cheval, de quatre arbalétriers à pied, que commandait un chevalier nommé Guillaume du Buret ' ; et dans une quittance du 18 octobre 1356, Raoul de Renneval est qualifié « capitaine des ville, ch&teau, églises et vicomte de Bayeux *. » Dès la fin de septembre , les messagers envoyés au nom du duc de Normandie ou de ses gens des comptes n'osaient plus s'aventurer au delà de la vicomte de Caen et mettre le pied dans le Cotentin *. Bientôt le dauphin ne considéra plus ce pays que comme une terre ennemie où il fit porter le ravage à plusieurs reprises par ses lieutenants. L'un d'eux, Amauri de Meulan, au retour d'une expédition oii il avait dévasté quelques villages appartenant à Godefroi de Harcourt et à ses adhérents, fut battu et fait prisonnier en passant les Veys au gué de Rupalay *. Vers le

1. Montre de Guillaame dû Baret, chevalier, « capitaine de Teglize Nos- Ire Dame de Bayex », reçue à Bayeux, le 18 juin 1356. Bibl. Nat., dép. des mss., collection des Montres, 1. 1, n* 111.

3. Quittance donnée à Bayeux, le 18 octobre 1356, par Renier le Cous- ' lelier, lieutenant de Jacques Lempereur, trésorier des guerres, d'une somme de soixante-deux livres dix sous tournois • pour baillier et distribuer à monseigneur Raoul de Rénovai » et aux gens d*armes et de pied placés sous ses ordres. Bibl. Nat., QuUlances, t. X, n*674.

3. « A Jehan Balequerre pour porter ou dit mois (de septembre 1356) lettres semblables (de nos seigneurs des Comptes) aus vicontes du Pontautou, du Pont TEvesque, de Faloise, de Vire, de Caen et de Coustancez, et lesquelles lettres furent baillées au viconte de Caen, pour ce que le fMssage n'osait aler plus avant. Pour ce, xxiiii sols. » Bibl. Nat., Quitfanées, t. X, n* 688.

4. Hameaa dlsigny, Calvados, arr. Bayeox, sur le bord de la Vire, à la

262 CHAPITRE MH.

mois de novembre suivant, il est ATai, les Français, un jour qu'ils revenaient d'une chevauchée dans le Cotentin, prirent leur revanche à ce même passage des Teys, près de Cocbour', où ils mirent en déroute Tennemi qui les poursuivait. Godefroi de Harcourt fut tué dans cette rencontre où il mourut en héros après avoir vécu en traître*; mais la mort même de ce vassal rebelle fiit un malheur pour le parti français en Basse-Normandie, car elle mit les Anglais en possession de Saint-Sauveur-le- Vicomte et des autres possessions que Godefroi leur avait léguées.

Anglais et Navarrais se partagèrent alors le clos de Cotentin. Les premiers firent du château de Saint-Sauveur leur quartier général ; ils établirent en même temps des postes avancés à Barfleur ', sur la côte orientale, et au fort GrafTart près du havre de Carteret*, sur la côte occidentale de la presqu'île. Leur principal but, en se fortifiant sur ces deux points, était d'empêcher qu'on ne les coupât de la mer. On les trouve aussi de bonne heure à MontebourgS entre Valognes et Carentan; au Homme, aujourd'hui l'Isle-Marie*, près du Pont-l'Abbé,

lumtear de l'ancien passage do Petit-Vey. Cf. Delisle, HisL de Sainte Sauveur, p. 91.

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