‹ Histoire de Bertrand du Guesclin et son époqueChapitre 150 sur 291 · Manche, arr. Avranches · texte numérisé non relu

Manche, arr. Avranches

2. La lislc donnée par d^Argentré, qui comprend cinquante-quatre noms, est trop complète pour que l'historien breton, en la dressant, n'ait pas eu sous les yeux une montre du temps.

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linent . Edouard s'empresse de rappeler en Bretagne" Robert Knolles, occupé alors à ravager TAuvergne. Le fameux partisan regagne le duché à marches forcées et se dirige vers Bécherel dont la garnison est sans cesse en butte aux attaques de du Guesclin. Il arrive, selon son habitude, à pas de loup. Il fait si peu de bruit, il sait si bien dérober ses mouvements que l'ennemi n'a pas connaissance de son retour. Bertrand lui-môme, dont l'oreille est si fine, ne Ta pas entendu venir. Knolles songe aussitôt à mettre à profit cette ignorance. Il prend A peine le temps de grossir sa troupe au moyen de dé-

1. Bertrand d'Argenlré raconte ensuite (p. 416) une victoire que du Ouesclin aurait remportée dans les landes de Combourg^ sur le territoire de la paroisse de Mcillac (Illc-et-Vilaine, arr. de Combourg). sur trois capitaines anglais qu'il appelle Jean Felleton, chevalier, le Grée et messire Guillaume Yssannay. Ces trois capitaines auraient été faits prisonniers, et d'Argentré ajoute même celle circonstance, que Jean Felleton fut pris par Holland iiodin. II est fait mention dans les actes publiés par Hymer de Guillaume do Fclton. §énéchal de Poitou, en février 1362 (vol. HI, p. 639) et en janvier 1303 (p. OS.'i), ailleurs de llamon, Hugues {IbicL, p. 802) et Thomas (p. 600) de Felton, nulle part de Jean de Felton. Le Grée et Guillaume Yssannay nous sont complètement inconnus. D'Argentré ajoute que Jean Felleton aurait profilé de son séjour à Pontorson pour corrompre deux lavandières ou lessivières au service de Tiphaine Raguenel, femme de du Guesclin. et qu'aussitôt mis en liberté il aurait essayé une nuit, pendant l'absence de Bertrand, d'escalader le château, mais que ce coup de main aurait échoué grAce au courage et au sangfroid de Julienne du Guesclin, religieuse, S(our de notre héros, relirce à Pontorson, qui, se réveillant au bruit, aurait renversé les échelles déjà appliquées aux murailles de la forteresse. Felleton, en se retirant, aurait rencontré du Guesclin qui l'aurait ainsi fait prisonnier deux fois en un mois. I/historien breton place en 1362 la défaite de Jean Felleton à Meillac, ainsi que sa tentative infructueuse contre Pontorson. Nous avouons qu'il nous a été impossible, malgré tous nos efforts plusieurs fois réitérés, de donner à ces deux faits la moindre consistance historique.

2. Le 1"^ avril 1360, Constance, femme de Hobert Knolles, se fit délivrer des lettres de sauf-conduit pour se rendre en Bretagne auprès de son mari (Rymer, vol. III, p. 480). Knolles était donc resté dans cette province au commencement de cette année et ne faisait pas partie de la grande armée d invasion commandée par Edouard en personne.

tacbcments fournis par les principales garnisons anglaises, tant de Bretagne que de Basse-Normandie, et, une fois qu'il a reçu ces renforts, il tombe à Timprovislc sur les Français. La rencontre a lieu vers la fin de 1359 ', au Pas d'Évran ^ sur les bords de la Rancc, entre Dinan et Bécherel. Bertrand n'a qu'une poignée d'hommes. C'est la première fois, depuis qu'il fait la guerre, que Ton a réussi à le surprendre. Furieux de se trouver ainsi en défaut, il se débat comme un sanglier aux abois; et ses compagnons, électrisés par l'exemple de leur chef, engagent contre un ennemi trop supérieur en' nombre une lutte aussi acharnée qu'inégale. Beaucoup succombent dans cette lutle. Bertrand, désespéré, voudrait ne pas survivre aux siens ; il va pour ainsi dire au-devant des coups et semble chercher la mort : tous ces efforts sont vains. Il a affaire à des aventuriers pour qui la guerre est avant tout une industrie, et ces brigands n'ont garde, en immolant le capitaine de Pontorson sous leurs coups, de se priver de la rançon qu'on peut attendre d'un captif de cette importance. Du Guesclin est fait prisonnier, ainsi que Bertrand de Saint-Pern, par un Anglais qui, naguère, avait pris part au combat des Trente, Robin de kdez\ l'un des capitaines de Lingèvres et de

1. Ilay du Cliastelel rai)porlo Taflaire d*Kvran à Tannée 1351 {Hist. de du Guesclin, p. 15) ; mais, outre que cet auteur n'a pas le moindre souci de la chronologie, nous lisons dans une chronique, terminée vers le milieu du règne de Charles V. que la défaite de du Guesclin à Évran eut lieu dans le môme temps que colle de Hegnaut de Gouillons. capitaine de Paris, à Étréchy en iJcauce (l>il)l. Nat., ms». fr. n" 4987, f" 77). Or, il résulte de lettres de rémission accordées par le régent en mars 13G0 (n. st.) que l'échec de Régnant de Cîouillons est de la lin de 1359 ou des deux premiers mois de 13(i0. Arch. Nat., soct. hist., JJ 90, n" 492.

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