Ibid., MOV
12. En mai 1361. L*acte affecte la forme d'une donation faite par Louit, comte d'Étampes, et par Jeanne d'Eu sa femme, au dauphin Charles; mais la ville de Paris paya bel et bien les frais de cette gracieaseté. Arch» Nat., sect. hist., J 154, n** 2 et 3.
pour en faire cadeau au dauphin, on a meublé de la manière la plus somptueuse trois chambres destinées à Pierre P"^ et à sa suite. Une de ces chambres est tendue de soie couleur perse où Ton a représenté des colombes sortant des nues*. Une autre est tapissée de cuir de Cordoue. Une troisième est en velours azuré semé de fleurs de lis d'or'.
Ces dépenses exceptionnelles expliquent la gône où se trouve alors le duc de Normandie ; mais les seigneurs bretons, qui attendent toujours leur solde et ne peuvent payer leurs hommes, ne sont pas gens à se tenir satisfaits d'une telle explication. Il faut tout Tascendant que du Gucsclin exerce sur sa petite troupe pour la calmer et Tentraîner vers la fin de mars 1364 au siège de Rolleboise. Jean de Châlon, comte d'Auxerre, et son frère Hugues, surnommé le Vert Chevalier*, font partie de l'expédition avec une suite nombreuse de chevaliers et d'écuycrs. Le dauphin Charles mande en môme temps aux principaux seigneurs de Normandie et de Picardie de venir rejoindre Bertrand à Mantes où se fait le rassemblement général *. Mantes appartient, comme Yculan, au roi de Navarre qui compte dans ces deux villes où il a longtemps séjourné un grand nombre de partisans dévoués. Aussi, les bourgeois de Mantes accordent fort courtoisement l'hospitalité auxgentilshommes, mais ils refusent d'ouvrir leurs portes au gros de l'armée dont