Bibl. Nal., ms. lat. n* 5381, t. II, f
Bretons, elle met le sceau à la réputation militaire de d u Guesclin en prouvant qu'il n'excelle pas moins dans une b.ilaille rangée que dans un coup de main. Et ainsi ^outes les ombres du début de cette campagne disparaissent comme par enchantement devant l'éclat éblouissant de Cocherel.
Le soir môme de la journée du 16 mai, avant de reprendre le chemin de Pont-de-rArche et de ramener à Rouen ses prisonniers, Bertrand envoie deux messagers porter la nouvelle de la victoire qu'il vient de remporter à Charles V. L'un de ces messagers est Thibaud de la Rivière, l'un des hommes d'armes bretons de la compagnie de du Guesclin. L'autre est un huissier d'armes du roi, nommé Thomas Lalemant. Charles vient de quitter Paris pour aller se faire sacrer à Reims. Il est logé à rabbaj'G de Saint-Mard deSoissons* le 16, le jour où s'est Uvrée la bataille. Il reçoit l'heureuse nouvelle le samedi 18, la veille de son sacre, au moment où il arrive aux portes de Reims. <v Et alors , dit un chroniqueur contemporain, le jeune roi tend les mains vers le ciel et rend grdces de la bonne victoire que Dieu lui a donnée. » Cette nouvelle fait la fortune des deux messagers qui l'ont apportée. Charles assigne, séance tenante, deux renies. Tune de deux cents livres parisis, à Thomas Lalemant*, l'autre de cinq cents livres tournois, à Thibaud de la Rivière*.
». Arch. Nat., secl. hist., JJ. 95, n* 194. Cf. JJ 95, n* 178.
3. Par acte daté de Paris en juin 1364, Charles V donne 200 livres parisis de rente à son amé huissier d'armes Thomas Lalemant, en récom- IHMise de SCS services « à noz guerres et autrement, et par especial ou fait et eu la dcsconfiture du captai de Buch, et que de la dite descofifiture il nous apporta les premières nouvelles. » Arch. Nat., sect. hist., JJ 96, n- 372.
3. Par acte daté de Boissons le 22 mai 1364, Charles V donne 500 livres tournois de rente à Thibaud de la Rivière, pour lui avoir apporté « la pre-
Quant au sen iteur éprouvé, au chef habile qui vient
•de donnera sa nouvelle royauté une si belle étrenne',
Charles le Sage, qui sait reronnaitre dignement les
grands senices, lui résene une récompense telle que
jamais capitaine victorieux n'en reçut de plus haute.
n quitte Reims le lendemain de son sacre et revient à
Paris ^, où il veut sans doute consulter son Conseil, avant
•de prendre une résolution définitive. Le comté de Lon-
gueville, qui a appartenu en dernier lieu à Philippe de
Navarre, a été confisqué après la mort du frère de Charles
le Mauvais et réuni à la couronne. C'est un établissement
princier, qui embrasse non-seulement un grand nombre
de villages, mais encore la ville si industrieuse de Monti-
villiers, et dont le possesseur compte parmi ses vassaux
les laHeuse et les comtes mêmes deTancar>ille. Charles V
saisit celle occasion de rattacher Monlivilliers à son do-
•Hine immédiat, et décide que le comte de Tancarville* »et Hector de la Heuse, seigneur de Bellencombrc*, dont il désire ménager la susceptibilité, feront désormais directement hommage au roi de France. Ces précautions une fois prises, il mande du Guesclin auprès de lui à Saint-Denis, et là il l'investit solennellement, le 27 mai, -du comté de Longueville*. Le môme jour, le nouveau
miére nouvelle delà desconfilure que Bertrand du Guesclin fist dcrrcniercment souffrir prés dTvrues au captai de Uuch et aux Anglois, Gascons et Navarrois de la partie du roy de Navarre. » Catalogue JoursanvauU^ l. l, p. 6, n* 33. Cf. p. 309, n* 1710.